Forêt bretonne. Des millions d’arbres à planter

La Bretagne est une des régions les moins forestières de France. 15 % de son territoire est couvert par la forêt alors que c’est le double au niveau national. Et en ces temps où on n’investit plus sur le long terme, seul un vigoureux soutien financier peut inciter les propriétaires à se lancer dans un programme de replantation.

La situation en Bretagne est du reste doublement déficitaire. L’agriculture et l’élevage mobilisent la majorité des espaces ruraux et la razzia faite par les Chinois, il y a quelques années, a accentué le phénomène. Pris d’une frénésie d’achat, ils ont fait leurs courses sur la planète entière et la Bretagne n’y a pas échappé, au moment où justement de nombreuses forêts, plantées dans les années 60-70, arrivaient à maturité. Donc bonnes pour la coupe. Résultat : les professionnels bretons du bois ont soudain manqué de ressource et les pouvoirs publics ont compris qu’il devenait urgent de relancer la forêt bretonne, avec le double handicap du manque d’espace disponible en raison de la prévalence agricole et du considérable émiettement de cette forêt appartenant à plus de 120.000 propriétaires différents.

Ainsi a été lancé en 2015 le plan «  Breizh forêt bois » sous l’égide du conseil régional avec l’ambition de reboiser 5.000 hectares bénéficiant du soutien d’ aides régionales. Mais à ce jour, seulement 900 hectares ont été plantés pour environ un million d’arbres. Il reste donc encore beaucoup de boulot et plusieurs millions d’arbres à mettre en terre.

Pour y parvenir, la Région vient de lancer un acte 2 de ce plan Breizh Forêt avec des incitations financières encore plus fortes, abondées par l’Europe, assorties de procédures très allégées pour inciter le propriétaires à franchir le pas. Aujourd’hui, 50 % des coûts sont pris en charge par ce plan, ce qui devrait donner une nouvelle impulsion à ces investissements à long terme, ceux que l’on fait non pas pour soi mais pour la génération suivante. Un cadeau à ses enfants et une bonne manière de les sensibiliser au rôle majeur jouée par la forêt pour retenir les émissions de C02, principaux responsables du réchauffement climatique. C’est doublement un investissement pour l’avenir.

Mais la logique qui anime les propriétaires forestiers est bien sûr celle du retour sur investissement le moins lointain possible. Ce qui les incite, en Bretagne, à planter essentiellement des pins, soit épicéa soit douglas. Or ces espèces à croissance rapide ont tendance à acidifier les sols. Il est donc impératif de varier les plantations et si les particuliers ne le font pas, les communes doivent prendre le relais pour que l’on voie aussi pousser des chênes, des hêtres, des boulots, des châtaigniers en pensant aux générations futures. Les communes, elles aussi, peuvent prétendre aux 50 % de subventions. Et les élus doivent se convaincre qu’ils ne sont pas là pour créer seulement des zones industrielles et artisanales mais aussi des zones boisées dont les générations futures auront un besoin impératif. Même si elles ne sont pas encore là pour le dire haut et fort.

René Perez
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