Foils. Navires volants à l’horizon !

Le foil, c’est fou ! Depuis que des voiliers de course se sont équipés de cette technologie, les images spectaculaires de bateaux s’envolant au dessus de l’eau ont métamorphosé la vision du nautisme traditionnel. Thomas Coville pulvérisant le record du Tour du monde à la voile n’aurait pas pu atteindre ce niveau de performance sans les foils équipant son multicoques en lui permettant de s’affranchir de la densité de l’eau. Du reste, dans le nautisme de compétition, on n’imagine plus un monocoque ou un multicoque sans ces ailettes magiques dont le chantier Heol Composite, à Treffléan dans le Morbihan, est l’un des leaders mondiaux. Et des kitesurfs aux planches à voile en passant par les paddles, tout un petit monde cherche à s’équiper de foils pour gagner en vitesse et en sensations. Et on n’oubliera pas, bien sûr, les premiers essais du taxi-volant de Paris, avec foils et moteur électrique, performant et écologique, dont les images viennent de faire le tour du monde.

Alors, bien évidemment, les premières assises du nautisme et de la plaisance qui viennent de se dérouler à La Rochellle ne pouvaient faire l’impasse sur la grande tendance du moment en s’interrogeant sur les voies d’avenir des bateaux volants. Il n’y a pas de doute, la performance est là et les économies de carburant sont réelles quand la densité de l’eau et le choc des vagues ne se conjuguent plus pour solliciter les performances du moteur.

On est donc bien là sur la grande voie d’avenir. Mais pour dépasser le stade des voiliers de course et des engins de plage et équiper des bateaux à moteur, voire même des navires de fort tonnage, il faudra résoudre au moins deux problèmes. D’abord le coût car le prix de ces foils, condensés de technologie, est actuellement très élevé et peut doubler le prix d’une coque. L’accélération des recherches et une éventuelle production en série devraient toutefois contribuer à vite alléger les factures.

Plus problématique s’annonce la sécurité, véritable hantise des coursiers à la voile qui imaginent l’impact d’une épave flottante sur leur bateau à foils lancé à pleine vitesse. C’est dans ce domaine que de gros progrès restent à faire. Cela passera sans doute par des foils moins performants mais plus sûrs, pour profiter à fond de la pénétration dans l’air, 800 moins dense que l’eau.

René Perez
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