Finistère. Le lourd impact de la loi Littoral

C’est un test qui avait été réalisé par une société de communication : quand on mélange devant les yeux des Français les contours des départements sans leur nom, celui qui est le plus rapidement reconnu est le Finistère, du moins sur le continent. La Corse est bien sûr hors concours.

Si ce département breton est visuellement si bien identifié par les Français, il le doit à sa géographie particulière, avec ses trois pointes caractéristiques entourant une croix qui semble plonger dans l’océan. Pas de risque de se tromper. Mais ce découpage qui entrelace tissu terrestre et dentelle marine vaut au Finistère une autre caractéristique parfois bien lourde à porter : c’ est le département français le plus impacté par la loi Littoral, objet de bien des controverses quand elle est le support de l’opposition à l’implantation ou l’extension d’entreprises.

En France, 1213 communes sont classées loi Littoral dont 117 dans le seul département du Finistère. Le calcul est simple à faire : presque une commune française sur dix impactée par cette loi se trouve à la pointe finistérienne. En chiffres bruts, l’impact est même plus fort qu’en Corse (97 communes classées, mais l’île compte moins de communes que le Finistère), territoire qui connaît quelques assouplissements liées à l’insularité, ce qui n’est pas le cas en Finistère.

En comparaison, les Côtes-d’Armor ont 65 communes classées, le Morbihan 64 et l’Ille-et-Vilaine 20. Si l’on prend d’autres départements maritimes comme le Var (29) les Landes (9) ou encore la Gironde et son estuaire de la Garonne (37), on mesure mieux l’exception finistérienne.

Il faut noter, à ce propos, que non seulement ce département breton compte une baie et une rade qui allongent singulièrement le cordon littoral mais également des abers ou des estuaires qui eux aussi sont rattachés à la loi Littoral. On en a eu un exemple flagrant à Plouvien dans le sillage du projet d’usine SILL. Bien que située relativement loin de la mer, cette commune est classée loi Littoral. La remarque vaut également pour d’autres agglomérations comme Morlaix, Landerneau ou Pont-de-Buis, classées elles aussi, bien qu’éloignées des embruns.

Cette législation a certes pour mérite de protéger des secteurs sensibles mais les blocages et les excès qu’elle génère mette de plus en plus le monde économique en émoi. Car le Finistère compte déjà assez de contraintes liées à sa situation géographique pour qu’une loi ne vienne pas ajouter autant de handicap au handicap. Toute proportion gardée, la loi Littoral c’est comme l’écotaxe : un handicap de plus dans un secteur économique fragile et déjà bien secoué.

Des voix commencent à s’élever pour pour dénoncer les effets de la loi Littoral sur le département le plus impacté. Mais ce que la loi a fait, seule la loi peut le défaire. Et si cette législation doit connaître quelques assouplissements dans les territoires les plus lourdement lourdement impactés, c’est plutôt du côté des députés et sénateurs que se trouve aujourd’hui le premier élément de réponse.

René Perez
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