Finistère. L’usine baladeuse tournera en 2021

Pendant des années, elle a alimenté un long feuilleton économico-judiciaire. Mais cette fois, l’usine de la Sill est bel et bien sortie de terre à Landivisiau (Finistère) après avoir été annoncé notamment du côté de Plouvien, Milizac ou Guipavas, en rencontrant chaque fois des réticences, voire même de l’hostilité, concrétisées par des recours devant les tribunaux, actionnées par des riverains des sites envisagés.

Le groupe coopératif laitier finistérien, diversifié aujourd’hui dans bien d’autres productions, a atteint le but qu’il s’était fixé. Et son Pdg, Gilles Falc’hun, a enfin la satisfaction d’avoir mené à bien une partie paradoxalement très mal engagée. Lui qui reçut, en 2016, le titre d’Entrepreneur français de l’année, sait maintenant à quel point il est difficile d’implanter une grosse unité de production dans le Finistère, malgré un marché de l’emploi peu porteur. C’est le département français le plus impacté par la loi Littoral qui s’immisce très loin dans les terre par le biais des abers mais aussi et surtout de la baie de Douarnenez et de la rade de Brest, profilées comme des mers intérieures. Cette loi a fait naître une très grande sensibilité aux questions écologiques en Finistère, même lorsqu’il s’agit de créations d’emplois. Et aux freins législatifs s’ajoute le fort émiettement de l’habitat, hérité d’une lointaine tradition rurale qui laisse peu de zones désertes pour la construction de grands équipements.

Mais aujourd’hui, Gilles Falc’hun ne se retourne plus sur ces années d’errance pour trouver un site d’implantation. Il a désormais le regard fixé sur 2021, date de la mise en service de cette unité à la taille imposante, avec notamment sa tour de séchage de près de 50 mètres de haut.

85 millions d’euros d’investissement et 50 millions de litres par an : ce sont les deux chiffres clés de cette nouvelle unité de production de lait infantile qui emploiera une soixantaine de salariés. Ce lait sera en grande partie destiné à l’exportation mais pas seulement à destination de la Chine. Ce marché là est tout de même très volatil et aussi bien du côté de laiteries normandes que de Synutra à Carhaix, on a pu constater que les horizons chinois se révèlent parfois moins prometteurs que prévu. Ici, la Sill entend diversifier ses débouchés extérieurs, notamment du côté d’autres pays de l’Asie, de l’Afrique et surtout du Moyen-Orient, avec ouverture prochaine d’un bureau permanent.

Mais dans ce marché mondial parfois baladeur lui aussi, la Chine demeure tout de même un pays pivot. En témoigne l’embellie soudaine sur le marché du porc, constatée la semaine dernière. Elle tient pour l’essentiel à un rebond de la demande chinoise.

René Perez
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