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Finistère. Le dernier sabotier a trouvé chaussure à son pied

Curieux, tout de même, le destin de la dernière saboterie du Finistère. On imagine à priori une boutique séculaire où on se passe le relais de génération en génération jusqu’à ce que le gong de la modernité sonne la dernière heure. Pas du tout. Dans le Finistère, la dernière saboterie suit un drôle d’itinéraire en passant dans des mains qui n’étaient pas vraiment programmées pour ce métier ancestral.

D’abord, il y a Christian Leroy, sabotier à Riec sur Belon, près de Quimperlé, qui après 35 ans d’activité, décide de raccrocher. En 2010, on s’attend à voir un enfant  du pays prendre la succession, mais non. C’est un gars de La Rochelle, Claude Pelletier qui se porte candidat à la reprise de la Saboterie de Cornouaille, après un véritable coup de coeur pour ce métier, lui qui jusqu’alors avait essentiellement travaillé dans l’aviation. Pas banale la reconversion. Et quand à son tour, la soixantaine arrive et qu’il entend passer la main, on se dit que cette fois, il se trouvera bien un p’tit gars de Riec ou sa proche banlieue pour pointer le nez. Raté ! C’est un Saumurois, Michel Cousin, qui se porte candidat après avoir été, entre autres, gérant d’une entreprise spécialisée dans la cuisine. Coup de coeur pour lui aussi. Il apprend le métier avec Michel Cousin mais décide de s’installer dans le Léon, sur la face maritime opposée. La dernière saboterie finistérienne déménage donc avec machines et savoir-faire pour s’installer à l’ombre du clocher de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon.

2000 paires par an

Le métier fait-il encore vivre son homme ? Oui bien sûr, affirme Michel Cousin, dont la production avoisine les 2000 paires de sabots annuels, vendus en France mais aussi dans plusieurs pays étrangers qui s’approvisionnent via le site internet de l’entreprise. Des particuliers encore accrochés à ces chaussures multiséculaires jusqu’aux cercles de danses ou groupes folkloriques, le marché est plus vivant qu’on ne le croit. Et la dernière saboterie du Finistère continue donc son bonhomme de chemin, en faisant quelques curieux détours.

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