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Euro. Les réactions dépendent des générations

Toute la Bretagne, terre de football, a suivi avec ferveur cette finale de l’Euro. Et de Brest à Vannes, Quimper ou Saint-Brieuc, l’engouement était d’autant plus partagé que la région compte une belle colonie de Portugais qui a largement contribué au développement économique de la région au temps des grands chantiers et du boom de la construction.

Et l’économie bretonne justement, a-t-elle bénéficié de cet euro ? En dehors des bistrots qui ont fait le plein les soirs de match, il n’y a pas d’effet direct à part bien évidemment pour la Brittany Ferries qui assure des liaisons dans les cinq ports de Caen, Le Havre, Cherbourg, Roscoff et Saint-Malo. Car pour la compagnie bretonne, cet Euro présentait une particularité : pour la première fois, quatre équipes britanniques étaient qualifiées à cette phase finale : l’Angleterre, le Pays-de-Galles ainsi que les deux Irlande, du nord et du sud. Du côté de la compagnie, on estime le surcroît de trafic à « environ 3.000 pax sur les lignes Manche (surtout des Gallois) et entre 500 et 1.000 sur la ligne Irlande sachant que nous avons peu de dispositions sur cette ligne. Donc un effet positif certes mais pas de quoi modifier fondamentalement la teneur de notre saison ».

Génération frustrée

Et cet Euro qui s’achève un peu en eau de boudin ? Pour les plus jeunes, la frustration est immense, à la mesure de l’espoir qu’avait fait naître Griezmann and co et les performances très moyennes du dernier opposant. Pas de bol, c’est le Portugal qui a décroché la timbale, provoquant une onde de désolation chez une jeune génération qui pensait qu’elle allait, elle aussi, avoir son heure de gloire comme celles de 84 et de 98 où la France avait chaviré de bonheur. C’est raté et peut-être pour longtemps, ce qui ne faisait qu’accentuer la désolation des jeunes. Ils auraient tellement voulu, eux aussi, avoir leur titre à domicile, Gloria Gaynor, les défilés et tutti quanti.

Dans les générations qui ont précédé, la frustration est visiblement moins manifeste. Quand on a vécu la Coupe du Monde de 98, voire même l’Euro 1984 et Platini marchant sur l’eau, on a déjà été bien gâté. Mais surtout, cet Euro a enfin mis fin à la frustration qui a hanté certaines nuits de supporters depuis Séville 82. Les Bleus ont enfin vaincu l’Allemagne en compétition officielle et pour les fans âgés des Bleus cela équivalait à un triomphe. Presqu’une apothéose. Et pour ces générations, l’Euro est forcément réussi !

Jusqu’à 5 heures du mat’

C’est probablement dans les tréfonds de cette victoire de jeudi soir sur Schweinsteiger, ses potes et la Deutsche Qualität qu’il faut aller chercher les causes de la défaillance face au Portugal. Car ce fut bien une défaillance, en fin de match, quand il semblait ne plus y avoir d’essence dans le moteur. Or que s’était-il passé jeudi soir ? Longtemps, bien longtemps après la victoire sur l’Allemagne, les Bleus étaient restés dans le stade avec leurs familles et les officiels. A 5 heures du matin, alors qu’on était déjà vendredi, certains Bleus envoyaient encore des messages sur les réseaux sociaux. Deux jours avant la finale ! On peut comprendre l’enthousiasme provoqué par ce signe indien enfin vaincu mais il n’était sans pas très raisonnable de laisser les joueurs veiller aussi longtemps à une si courte échéance du grand jour.

Mais bon, tout cela n’effacera pas le bonheur que cette équipe a apporté, gommant enfin cette longue période de désamour entre les Français et leur équipe, quand les vestiaires étaient divisés par les clans, que les insultes volaient bas, qu’un entraîneur faisait une demande en mariage en direct un soir de fiasco contre l’Italie et qu’une grève surréaliste faisait des Bleus la risée de la planète entière. Cette belle équipe 2016 nous aura enfin réconciliés avec le foot tricolore.

René Perez
2 Commentaires
  1. Juste pour indiquer que tous les Bretons n’étaient pas des fans de l’équipe de France. En ce qui me concerne (et je suis loin d’être le seul) , c’est l’équipe de Galles que j’ai suivie et soutenue. Ce qui me semble assez logique en tant que Breton d’ailleurs…. Et cette équipe de Galles nous l’a d’ailleurs bien rendu dans sa communication en utilisant régulièrement la langue bretonne et remerciant la Bretagne. De quoi se dire qu’on aurait bien besoin d’une équipe de Bretagne ….. Voir ici: http://www.tanwezhen.bzh/2016/07/langue-et-culture-deux-piliers-de-la.html .

  2. Fañch Gaume

    Le Pays de Galles et notre hymne commun nous ont fait rêver comme jamais. Pour la première fois, une équipe nationale celte était dans le dernier carré d’une compétition majeure, Euro ou Coupe du Monde. Et le Pays de Galles est moins peuplé que la Bretagne.

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