Etats généraux de l’alimentation. La Bretagne aux avant-postes

Les états généraux de l’alimentation viennent d’être ouverts par Nicolas Hulot, le ministre de la Transition écologique et solidaire. Cinq mois de débats et de réunions de commissions pour tenter d’aboutir à une entente entre agriculteurs, consommateurs, industriels, distributeurs et consorts pour faire entrer l’agriculture française dans le XXIe siècle et répondre aux attentes de consommateurs parfois très remontés, bien que les produits alimentaires n’aient probablement jamais été aussi sûrs qu’aujourd’hui. Il y a à peine plus d’un demi-siècle, en France, on pouvait compter des morts et des centaines de personnes hospitalisées dans un même village pour une probable intoxication à l’ergot de seigle. C’était à Pont-Saint-Esprit.

Alors sâchons relativiser. Et n’oublions pas à quel point la Bretagne se retrouve aux avant-postes dans ces Etats généraux tant elle compte d’intervenants potentiels dans tous les secteurs engagés dans ce Grenelle de l’alimentation. De sa densité d’agriculteurs au lancement sur son sol de grands groupes de distribution, de la puissance de son agroalimentaire à celle de ses composantes écologiques, de ses contentieux environnementaux à son potentiel dans les nouvelles énergies, n’est-elle pas la région qui embrasse toute la problématique constituant la base multisectorielle de ces Etats généraux.

Mais avant même que les choses sérieuses ne commencent, la question qui se pose est de savoir dans quel état d’esprit les multiples intervenants vont aborder ces assises nationales. Depuis des décennies, les relations entre agriculteurs, industriels, distributeurs et consommateurs ont généralement reposé sur cette culture de la confrontation qui fait la particularité des relations sociales dans notre pays. Il faut aller au bras de fer pour tenter de sortir vainqueurs, à coups de postures et d’invectives, de coups de menton et de portes qui claquent. Si ces Etats généraux s’engagent sur les confrontations habituelles, on ne voit pas très bien comment ces assises pourraient faire mieux que les habituels tours de table débouchant sur des constats d’échec.

Pour entrer dans le XXIe siècle, il faudrait que la culture du consensus vienne enfin éclairer ces Etats généraux. C’est cette culture-là que l’Allemagne cultive depuis des décennies pour sa plus grande réussite. A côté de ce mode de négociations, l’Hexagone querelleur donne souvent l’impression d’avoir un siècle de retard.

René Perez
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