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Et si l’écotaxe revenait par Paris ?

Coucou, revoilà l’écotaxe ! Certes il est peu probable qu’on en reparle de sitôt en Bretagne où elle a été définitivement éjectée. Car si le principe de base était de taxer essentiellement le trafic en transit, ici elle ne faisait que pénaliser les entreprises locales puisqu’il n’y a pas de circulation de transit dans le cul-de-sac armoricain. Et quelle idée d’imposer une taxe sur le handicap, juste au moment où des pans entiers de l’économie s’écroulaient à la pointe de la Bretagne, contrée la plus fragile, la plus handicapée et la plus éloignée, donc soudain la plus frappée par cet impôt nouveau. Tout pour plaire.

Mais si elle définitivement enterrée dans une quelconque version armoricaine, cette taxe pourrait renaître des cendres de ses portiques sous une forme régionalisée. L’idée est dans l’air depuis déjà un moment et cette fois encore, c’est de Paris que pourrait venir l’initiative. Non point du gouvernement, bien sûr, mais de la région Ile-de-France.

« Dans le plan régional qualité air »

Valérie Pécresse (LR) l’avait promis pendant la campagne électorale pour les régionales : elle veut instituer une écotaxe en Ile-de-France dont elle est la nouvelle présidente de Région. Avec l’ex-ministre, Chantal Jouanneau, sa vice-présidente, elle a décidé d’inclure cette disposition dans le « plan régional qualité de l’air » qu’elle vient tout juste de présenter en fin de semaine.

Mais les deux femmes savent qu’elles ne sont pas en mesure, seules, de mettre en œuvre une telle disposition fiscale. Elle ne peut être élaborée qu’en accord étroit avec l’Etat tant elle soulève d’obstacles légaux et techniques. Du côté de Matignon, on a déjà répondu par avance en indiquant qu’une taxe régionale sur les poids lourds n’entrait pas du tout dans les objectifs du gouvernement mais Ségolène Royal n’a pas fermé la porte, du moins pour étudier les modalités d’une mise en oeuvre de cette taxe.

La ministre n’ignore pas les énormes ressources apportées par cette taxe en Allemagne (quatre à cinq milliards d’euros par an) pays de transit qui fait ainsi payer les poids lourds étrangers circulant sur ses routes. Au point que certains routiers ont pris l’habitude d’éviter le réseau allemand et de longer ce pays par l’Alsace où l’écotaxe est restée dans les limbes.

L’Alsace et Paca aussi

C’est justement ce surcroît de trafic apportant dégradation des routes, embouteillage et pollution qui fait monter au créneau le président de cette nouvelle région Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine. Philippe Richert demande lui aussi à bénéficier d’une écotaxe régionale pour participer les poids lourds étrangers à la lourde facture de la réfection de ses routes. Et dans la région Paca, l’ex-ministre Christian Estrosi est sur la même revendication : il veut lui aussi une écotaxe régionale.

Le mouvement est amorcé. Mais il faut rien attendre avant la présidentielle de 2017. Le gouvernement actuel n’a pas envie de se retrouver avec des toutes bloquées par les routiers en rogne, remontés à l’avance contre un retour de l’écotaxe. Pécresse, Richert ou Estrosi le savent : il faudra attendre la prochaine présidentielle pour remettre le sujet sur le tapis. Mais cela n’empêche pas de commencer à phosphorer sur l’hypothèse d’une taxe régionalisée, là où elle sera désirée. En Bretagne, ce n’est pas demain la veille.

René Perez
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