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Et pourtant, le secteur de l’élevage recrute

Le Salon de l’agriculture, cette année, est marqué par la grave crise qui touche l’ensemble de l’élevage français. Et pourtant, c’est un secteur qui recrute des salariés alors que la plupart des autres grands postes d’activité de l’économie française sont plutôt exposés aux déflations d’effectifs.

Le paradoxe n’est qu’apparent car si l’élevage a autant besoin de main d’oeuvre c’est sous effet de l’augmentation progressive de la taille des exploitations et donc du cheptel. On est passé progressivement de l’exploitation agricole familiale à une structure qui rejoint peu à peu celle des autres secteurs d’activité, avec une part croissante du salariat.

Salariés : + 5.000 en dix ans

En Bretagne, on compte actuellement environ 27.600 salariés agricoles (dont 20.000 dans l’élevage) soit 5.000 de plus en dix ans. On pourrait hâtivement en conclure que l’agriculture crée des emplois si sur cette même période, l’agriculture bretonne n’avait perdu environ 14.000 chefs d’exploitations. Ils sont 39.500 en 2015 contre 52.500 en 2004. Un différentiel qui fait mécaniquement monter la part du salariat dans l’emploi total. Le secteur recrute donc et ne parvient pas toujours à trouver assez de bras. Hormis la formation, ils proviennent de différents secteurs d’activité avec, ces dernières années, un recrutement en hausse de salariés issus du bâtiment puisque ce secteur, on le sait, fait face à un gros creux d’activité.

En Bretagne, la taille moyenne des exploitations (48 hectares) est inférieure à la moyenne française (55 ha) en raison de la forte prédominance de l’élevage, moins consommateur d’espaces que les grandes cultures. 80% des exploitations bretonnes sont en effet spécialisées en élevage dont 38% en production laitière, 13 % en élevage de porcs, 12% en volailles et 6% en bovins.

Au total, l’agriculture représente 4,5% des emplois bretons contre 2,5% en France mais la part, on s’en doute, est encore appelée à diminuer en raison de la baisse progressive des installations. Actuellement en Bretagne, environ 500 jeunes s’installent chaque année mais la crise actuelle fait planer des inquiétudes car elle n’incite ni à l’investissement, ni aux vocations nouvelles. Le salariat est cependant là pour atténuer cette tendance négative car il facilite parfois les possibilités de transmission directe, du chef d’exploitation à son salarié.

Bretagne Bretons
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