Eolien. Le projet Baie de Saint-Brieuc entre en phase active

L’éolien en mer, c’est comme le serpent du même nom. On en parle beaucoup depuis des années mais on ne voit rien venir. Cette fois, on y arrive. Quatre bateaux vont commencer à opérer cette semaine en baie de Saint-Brieuc pour réaliser les premières études préalables au lancement du parc éolien qui en 2023, si tout va bien, verra la mise en service de 62 éoliennes en mer d’une puissance de 496 MGW. Soit l’équivalent actuel d’environ 400 éoliennes moyennes terrestres.

C’est la société Ailes Marines, concepteur du projet et plus directement l’opérateur public RTE (Réseau transmission électricité) qui vont étudier en détail les fonds sur lequel sera posé le câble sous-marin, long de 33 kilomètres, dans lequel sera acheminée l’électricité produite pour aboutir à Erquy. Par raccordement, un câble terrestre prendra alors le relais sur une quinzaine de kilomètres, pour conduire ce courant à 225.000 volts jusqu’au réseau général à haute tension.

Les études seront essentiellement réalisées sous forme de carottages, avec une division du secteur concerné en 14 zones différentes. La raison ? Pour ne pas gêner l’activité des pêcheurs, les bateaux de RTE auront des zonages différenciés, au jour le jour, et tout ne sera donc pas réalisé de façon linéaire, du début à la fin du tracé. C’est la cohabitation avec les pêcheurs qui guidera les travaux d’études s’étalant de mai à octobre avec une interruption en juillet et août, durant la saison estivale.

Le président du conseil régional, Loïc Chesnais-Girard, tout en se réjouissant de cette première phase active d’un projet destiné à assurer la transition écologique et le développement durable, a cependant tenu à rappeler que des engagements de concertation et de coopération ont été pris, entre opérateur et représentants des pêcheurs et qu’il doivent être tenus. A de nombreuses reprises, les professionnels de la pêche ont exprimé les craintes pour leur métier que fait planer ce vaste chantier, surtout à l’heure où le Brexit fait souffler des vents mauvais sur les zones de pêches britanniques que nombre de bateaux français devront peut-être quitter. Ce qui les incitera à revenir pêcher plus près des côtes françaises.

Et comme ils l’avaient laissé entendre, les pêcheurs ont décidé d’aller manifester pacifiquement en mer ce lundi, non loin du premier bateau de RTE arrivé en baie pour entamer cette campagne d’essais.

René Perez
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