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Eolien en mer. Ca patine

Dans les iles britanniques, l’éolien en mer est devenu un gros pourvoyeur d’électricité. De ce côté-ci de la Manche, l’implantation de cette source d’énergie est beaucoup plus laborieuse et pas seulement en raison du « tout nucléaire » qui a longtemps balisé le parcours des lignes à haute tension. Les promesses sont aussi tombées à l’eau quand de grosses sociétés ont finalement jeté l’éponge devant les difficultés techniques et financières. Le forfait d’Areva, qui fut pourtant présenté comme un futur leader mondial de l’éolien marin, en a donné une désolante illustration.

Des recours multiples

Mais le P-dg d’EDF, Bernard Lévy, vient d’ajouter une autre cause majeure aux difficultés rencontrées par ce secteur. Au colloque du syndicat des énergies renouvelables, il a évoqué les grands projets d’éolien marin de sa société en lançant : « Chacun voit que ça patine ». En cause, selon lui, la multiplication des recours déposés des associations devant les tribunaux et qui affectent les projets de Saint-Nazaire ainsi que Fécamp et Courseulles dans la Manche. Entre 450 et 500 mégawatts de puissance, soit à peu près autant d’éoliennes terrestres de moyenne puissance.

Des associations résolument engagées contre l’éolien marin comme PULSE (Pour un littoral sans éolienne) ainsi que certaines associations écologistes ont déposé des recours alors que d’autres, comme France Nature Environnement, y sont plutôt favorables au nom des énergies renouvelables.

Le P-dg d’EDF a ainsi annoncé que la date de 2020 qui avait été prévue pour la mise en service de ces champs éoliens est d’ores et déjà exclue et qu’il ne faut sans doute pas compter avant 2022, ce qui recule d’autant les échéances vers la transition écologique. Bernard Lévy a regretté que ces contentieux bloquent les projets beaucoup plus longuement que chez nos voisins et estime qu’il faudrait sans doute quelques efforts de simplification dans la présentation des dossiers pour réduire les procédures ultérieures.

Une préoccupation qui s’est manifestée également cette semaine à l’Assemblée où une modification de la loi Littoral est à l’étude. Les sénateurs sont favorables à un assouplissement, les députés le sont nettement moins mais ils ont eux aussi estimé qu’il serait nécessaire de mieux préciser les critères de définition des « agglomérations, villages, hameaux existants, hameaux nouveaux intégrés à l’environnement… » pour limiter les recours ultérieurs .

Pierre Vincent
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