Entreprises finistériennes. Le défi de l’accès à la mer

Hemarina est une pépite finistérienne de la recherche biologique depuis qu’elle a découvert la singulière particularité de l’hémoglobine du ver marin arénicole. Elle est compatible avec le sang humain, ce qui ouvre d’insondables potentialités. Mais faute d’accès à la mer pour aménager des bassins expérimentaux, cette société de Morlaix a du délocaliser sa production d’arénicoles sur l’île de Noirmoutier, en Vendée.

Ce n’est certes pas le transfert du siècle mais cette délocalisation pose des questions sur lesquelles l’association Investir en Finistère a décidé de se pencher résolument. Emanation des principales entreprises du département, cet organisme de réflexion a décidé de mener une étude complète, première du genre en France, pour réaliser un état des lieux et une cartographie complète des possibilités d’accès à la mer pour le développement d’activités économiques. Car Hemarina n’est pas la seule, loin de là, à avoir besoin d’un accès.

Mais ce n’est pas simple. Le Finistère a un héritage géologique majoritairement constitué d’une côte rocheuse et découpée, pas particulièrement profilée pour l’implantation d’activités économiques. La pression touristique pour des activités balnéaires, l’opposition quasi-systématique des riverains à l’émergence d’activités marines… Les obstacles ne manquent pas. Alors Investir en Finistère veut un état des lieux mais aussi peser sur les futurs documents d’urbanisme pour qu’ils intègrent cette problématique d’accès à la mer quand certaines surfaces peuvent s’y prêter.

Mais la question est doublement complexe. Car le Finistère, par sa géographie très singulière, est le département de France continentale le plus impacté par la loi Littoral. La rade de Brest et la baie de Douarnenez forment deux petites mers intérieures qui font pénétrer cette loi jusqu’au coeur du département. Du reste, sur les 1.213 communes françaises classées loi Littoral, 117 sont dans le Finistère. Soit pratiquement une sur dix. Et quand on sait les contraintes et les limitations qu’impose cette législation, Investir en Finistère se trouve ainsi face à un double défi, presqu’aussi compliqué que d’obtenir le TGV a trois heures de Paris.

René Perez
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