Energie. De Rugy pousse Edf à la mer

Produira-t-on bientôt plus d’énergie solaire en Bretagne que d’énergie marine ? Que le soleil soit plus exploité que la mer constituerait tout de même un drôle de paradoxe dans la péninsule armoricaine. Et pourtant, c’est un scénario qui semble se profiler pour les prochaines années quand on évalue les retards et les renoncements qui douchent les espoirs mis dans la production d’électricité à partir du potentiel marin.

Le récent retrait de Naval Group, renonçant purement et simplement à l’hydrolien après avoir pourtant beaucoup investi en recherche, a secoué tout ce secteur d’activité, pourtant en pointe en France. Certes, Sabella va remettre à l’eau son hydrolienne expérimentale à proximité d’Ouessant mais le forfait de Naval Group a plombé l’ambiance, comme il y a quelques années quand Areva et Alstom avaient successivement annoncé leur renoncement au secteur des énergies marines. Certes, le projet d’éolien flottant déroule toujours sa longue procédure en baie de Saint-Brieuc mais à ce jour, l’électricité bretonne n’est pas vraiment bleu marine.

Et pendant ce temps-là, l’énergie solaire pousse ses pions sous le ciel pourtant souvent couvert de l’Armorique. Mais la lumière est suffisante pour inciter des collectivités à investir comme les communes de Radenac et Pleugriffet (56). qui viennent de faire aboutir leur projet d’installation de 50.000 panneaux solaires, sur un ancien site industriel de 20 hectares. Idem à Baud où ce sont 36.000 panneaux électriques qui entreront en service d’ici deux ans, là aussi dans le département du Morbihan qui est logiquement le plus ensoleillé de Bretagne.

Certes, avec 50.000 panneaux, on ne produit de l’électricité que pour un équivalent population de 9.000 habitants. Mais au rythme où progressent ces filières en Bretagne, le solaire sera opérationnel avant le marin. Du reste le nouveau ministre de l’Ecologie, François de Rugy n’a pas tardé à mettre l’accent sur le retard enregistré. Dès sa première intervention, le successeur de Nicolas Hulot a mis la pression sur Edf, en déclarant qu’il s’agit d’une entreprise publique et qu’à ce titre, elle doit mettre en œuvre la politique votée par le Parlement. Et au titre des impératifs majeurs pour la transition, il cite les grands projets éoliens marins.

A ce jour, Edf s’est surtout signalée en Bretagne en suspendant brutalement ses essais hydroliens sur le site de Paimpol-Bréhat. En présentant son programme énergétique, à la fin octobre, le gouvernement indiquera la part qu’il attend de chaque filière pour les années à venir. Et mettra Edf devant les impératifs d’une nécessaire transition pour réduire résolument la part du nucléaire.

René Perez
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