Energie. La Bretagne fait feu de tout bois

Quelle est la première énergie renouvelable en Bretagne ? C’est le bois. Alors que le débat est constant sur les énergies alternatives, liées au vent ou à la mer, on oublie un peu trop que le bois, la première énergie de l’histoire de l’humanité, tient une place prépondérante dans le développement durable.

Elle vient même de connaître, en Bretagne, un brusque mouvement d’accélérateur puisqu’on est passé de 200.000 tonnes de bois consommé en 2013 à 420.000 tonnes fin 2015 dans les 650 chaufferies actuellement en service dans la région. Bien sûr, il ne s’agit pas de bûches que l’on jette dans le foyer mais de bois déchiqueté ou en granulés, issu d’activités d’origines très diverses. Car ici, on est comme dans la culture des céréales. On recueille les grains mais il reste aussi la paille. Dans le bois, c’est pareil. Il reste tous les résidus de l’exploitation forestière ou des scieries, tous les branchages des bois d’élagage et de bocage, toutes les partie ligneuses des déchets verts, tous les bois de récupération comme les palettes…

Pendant longtemps, ils ont été entassés, abandonnés voire même brûlés sur place. Mais l’épuisement de nos sources d’énergie et les impératifs écologiques ont remis le bois au centre du jeu. Avec de grosses avancées technologiques et la mise au point de machines à broyer le bois capables de se faufiler partout pour déchiqueter tous les résidus et en faire des granulés ou des briques de chauffage. C’est là le véritable tournant. Et les chiffres sont éloquents en Bretagne où on économise actuellement 100.000 tonnes d’équivalent pétrole et 280.000 tonnes de CO2 correspondant à 100.000 logements.

Ces 650 chaufferies produisent de la chaleur que l’on retrouve aujourd’hui à tous les échelons. De l’exploitation agricole à l’industrie, en passant par les maisons de retraite, les établissements scolaires ou les hôpitaux, le bois de chauffage a étendu l’éventail de ses débouchés. Et les perspectives sont prometteuses nonobstant la forte baisse du pétrole qui, depuis deux ans, handicape tous les investissements dans les énergies renouvelables.

Si l’investissement dans le renouvellement de la forêt bretonne est un engagement financier à très long terme, et même pour les générations futures, le bois de chauffage, en revanche, offre des retours immédiats et constants. La matière première est disponible et la probable remontée des prix du pétrole, à plus ou moins court terme, ne fera qu’en confirmer tous les atouts.

René Perez
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