Elevage. Des algues vertes pour freiner les antibiotiques

L’utilisation d’un composé extrait d’algues vertes pourrait permettre de diminuer singulièrement l’usage des antibiotiques pour la protection des animaux d’élevage. C’est la conclusion à laquelle viennent d’arriver des chercheurs de l’INRA (Institut national de la recherche agronomique) et de la société morbihannaise Olmix, créée en 1995 pour la valorisation des algues vertes en Bretagne. Dans une communication qui vient de paraître dans le Journal of Applied Phycology, publication hollandaise spécialisée dans les sciences agricoles et biologiques, une équipe de chercheurs de ces deux organismes affirme que, selon leurs tests de laboratoires, « des composés d’algues vertes inhibent in vitro la croissance de bactéries pathogènes et stimule la production de médiateurs de l’immunité des cellules épithéliales intestinales ».

En termes moins scientifiques, cet extrait d’algue verte aurait donc une double action en réduisant la croissance des bactéries tout en renforçant le système immunitaire pour les combattre. En incluant cet extrait dans l’alimentation animale, on pourrait ainsi améliorer la robustesse des animaux face aux infections et donc réduire l’utilisation des antibiotiques, dont la multiplication fait craindre des risques de transmission d’antibiorésistance aux hommes. D’où le plan EcoAntibio lancé en 2011 par le gouvernement.

On mesure l’intérêt que pourraient avoir ces recherches si les tests en conditions réelles viennent les confirmer. Ils attesteraient plus encore les riches potentialités des algues, y compris ces fameuses algues vertes dont la Bretagne a singulièrement souffert. Car s’il y a bien différentes sortes d’algues vertes, l’extrait évoqué par les chercheurs de l’INRA et Olmix provient bien de l’algue « ulva armoricana », celle-là même qui a connu une soudaine célébrité internationale.

Ce nouvel exemple traduit une fois encore la bipolarité de cette algue, véritable calamité environnementale mais aux nombreuses potentialités d’utilisation, autour de laquelle se sont multipliées les recherches, de l’agriculture au biocarburant. Dans une certaine confidentialité souhaitée par les pouvoirs publics, afin de ne pas entraver les efforts menés en Bretagne pour endiguer la prolifération de cette « ulva armoricana ».

Dans certains secteurs, ces efforts semblent payer puisque le niveau global est à la baisse et l’horizon un peu moins sombre qu’en 2009-2010, quand des incidents retentissants avaient projeté l’algue verte au premier plan de l’actualité. Ils avaient entraîné une baisse sensible de la fréquentation touristique d’une région dont la météo n’était plus le seul épouvantail à baigneurs.

 

René Perez
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