Elevage breton. Quelques lueurs dans la grisaille

Les éleveurs bretons ne regretteront pas cette année 2016, aussi sombre qu’une nuit sans lune. Mais ils auront pour consolation de constater qu’elle s’achève tout de même mieux qu’elle n’avait commencé dans la plupart des productions. Si le cours du porc se stabilise aux environs de 1,30 € après un coup de yoyo spectaculaire jusqu’à 1,50 €, il faut se souvenir d’où viennent les éleveurs. A 1,10 € comme en début d’année, ils n’auraient pas pu tenir longtemps sans le salutaire appel d’air venu de la Chine lointaine. Les flux commerciaux restent heureusement assez fermes pour compenser une baisse de la consommation en France (-4 % sur un an) qui touche toutes les viandes.

Le lait, lui aussi, reprend quelques couleurs. Sur octobre, il était en hausse de 4,4 % sur septembre même si sur les huit premiers mois de l’année, il est encore baissié de 1,3 %. La tendance paraît cette fois bien mieux orientée et les prix devraient continuer à progresser dans les prochains mois, prévoient les spécialistes, sous l’effet conjugué d’un tassement de la production, d’un redressement de la demande de produits laitiers et de besoins des marchés chinois et brésilien. Corrélativement, les abattages sont en baisse ce qui entraine une légère remontée des cours de la viande bovine, mais avec encore un différentiel de 10 % sur la moyenne 2011-2015.

Mais le coup d’éclat le plus spectaculaire a touché les cours de l’oeuf qui ont flambé de 17 % sur un mois en octobre, atteignant un niveau inégalé depuis 2012. Une hausse qui contribue, elle aussi, à donner un peu de lueur au dessus de l’élevage breton, en cette fin d’année.

Mais comme quelques bonnes petites nouvelles n’en cachent pas forcément d’autres, la semaine aura été marquée par la reprise de l’historique abattoir de volailles Tilly, laissant 134 emplois sur le carreau et l’incroyable embrouille financière du groupe Turenne-Lafayette qui fait planer une ombre sur la Lampaulaise de salaisons et les Salaisons de l’Arrée. Une fois encore, c’est l’Ouest de la Bretagne qui paie les pots cassés.

René Perez
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