Election. Hollande comme Le Drian

Pas de scrutin en 2016 ! Après deux années électorales chargées avec les municipales et les européennes (2014), les départementales et les régionales (2015), les urnes resteront dans les placards en cette nouvelle année. Une pause bienvenue pour les électeurs qui sortent d’un marathon tout de même éprouvant et pas vraiment favorable à l’activité économique tant ces périodes électorales génèrent d’incertitudes. Et de report d’achat ou d’investissements. Une année blanche ne fera pas de mal.

Et pourtant, il va s’en passer des choses en coulisses avec en ligne d’horizon la reine des élections : la présidentielle de 2017. A droite, les ténors se sont pour l’instant ménagés en raison justement de la tenue de ces élections qui poussaient plus à l’addition des forces qu’à l’étalage des divisions. Mais on va vite entrer dans le vif du sujet et le face-à-face Sarkozy-Juppé, logiques favoris de la primaire, ne va pas manquer d’agiter les rangs de la droite et obliger nombre de dirigeants politiques à choisir leur camp. Ce n’est jamais une période très favorable à l’unité d’un parti mais c’est le jeu de la démocratie qui se traduira ici par un vote les 20 et 27 novembre, ouvert aux militants et sympathisants de l’UMP, le Modem et l’UDI. Et à tous ceux qui partagent leurs idées, ce qui fait tout de même quelques millions d’électeurs potentiels. On ne leur demandera pas une carte de parti mais seulement une pièce de 2 euros. On pourra aussi payer en billet : les scrutateurs rendront la monnaie…

A gauche, pas de primaire en perspective. François Hollande, tenant du titre, a fixé la condition de sa candidature : faire refluer le chômage. A ce jour, il ne pourrait pas prétendre au renouvellement de sa fonction tant le pari est loin d’être gagné. Mais comme tous les économistes prévoient une baisse, même légère, du chômage en 2016-2017, le Président n’aura pas à trop se justifier. D’autant que les événements ont rebattu les cartes et mis la sécurité en tête des préoccupations des français. Sur le plan-là, il est plus crédible que sur le front de Pôle-Emploi.

François Hollande n’aura donc qu’à suivre la stratégie de Jean-Yves Le Drian : attendre le tout dernier moment pour se déclarer, en se posant en garant de la sécurité nationale. Pour peu que la droite lui facilite un peu le boulot, il pourrait bien revenir du diable-vauvert, tel un cheval attardé dans le Grand Prix de l’Arc de Triomphe. Et redevenir un candidat crédible que personne, au PS, ne sera en mesure de venir défier.

René Perez
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