Crédit : PHILIPPE HUGUEN / AFP Archives

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Ecotaxe. La cour des Comptes enfonce le clou

Avant, pendant et après ! Dans la pathétique affaire de l’écotaxe, le gouvernement aura eu tout faux du début à la fin. Et ce n’est pas le rapport que vient de publier la Cour des Comptes qui va atténuer l’effet désastreux laissé par cet épisode mal maîtrisé de bout en bout.

D’abord parce que dès le départ, le gouvernement et singulièrement son Premier ministre, Jean-Marc Ayrault se sont totalement fourvoyés en pensant que cet impôt nouveau passerait comme une lettre à la poste. Ils avaient pris la précaution d’exonérer la Corse mais en faisant l’impasse sur la problématique bretonne, avec cette invraisemblable taxe venant ajouter du handicap à ceux qui étaient déjà géographiquement les plus mal lotis. Plus on est excentré, plus on paye.

Et cette écotaxe ne pouvait pas plus mal tomber, au moment même où l’agroalimentaire de la pointe bretonne connaissait sa crise la plus aiguë, avec une chapelet d’entreprises tremblant sur leur fondation. Jean-Marc Ayrault fit la sourde oreille aux avertissements lancés par les quatre préfets de Bretagne, mettant en garde contre des risques d’explosion sociale à la pointe bretonne. La suite, on la connaît.

Un milliard d’euros

Si la Cour des Comptes ne s’appesantit pas sur ce krach du lancement, elle se fait en revanche très critique sur le monumental plantage qui a suivi. En suspendant l’écotaxe dans la précipitation, en octobre 2013, Jean-Marc Ayrault ne sait pas encore que des bonnets de toutes les couleurs vont fleurir dans l’Hexagone, saisi d’un ras l’bol fiscal généralisé. Il le paiera de son poste, ouvrant une parenthèse dans laquelle son successeur ne s’aventure pas, laissant le bébé à Ségolène Royal qui le 30 octobre 2014, décide de résilier le contrat avec Ecomouv, la société chargée de la mise en œuvre logistique de l’écotaxe.

Mais la Cour des Comptes considère que cette décision a été prise sans « analyse préalable » de toutes les conséquences financières. Elle estime notamment que la résiliation du contrat empêchait l’État de rechercher une éventuelle faute d’Ecomouv dans le retard et les défauts du dispositif. Sans ce retard, l’écotaxe ne serait pas tombée en pleine crise de l’agroalimentaire et elle aurait peut-être moins soulevé d’oppositions frontales.

Au final, si l’on en croit la Cour des Comptes, c’est Ecomouv qui a fait la bonne affaire puisque l’État a dû lui rembourser près d’un milliard d’euros, très largement au dessus des dépenses qu’elle avait engagées. « Cela aurait pu coûter plus cher, nous avons fait au mieux des intérêts de l’État », ont sobrement commenté les services de Matignon.

Bretagne Bretons
1 Commentaire
  1. Guegan

    Il s’agirait juste de se rappeler que cette ecotaxe était une loi du gouvernement Fillon et Sarkosy votée par unemajorité de droite et de gauche au parlement , seule l’application ( peut-être discutable ) revenait au gouvernement Ayrault . Il est dommage que cette taxe ait été totalement abandonnée sous la pression de Poujadistes violents . Je pense que l’Alsace aurait apprécié cette taxe qui lui aurait évité d’être envahie par les camions venant du nord ou y retournant . Cette taxe devra être collectée un jour et aux dépens de tous les citoyens imposables .

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