Démographie. La Bretagne de 2050 penchera nettement à l’est

En 2050, la France devrait compter 70 millions d’habitants. Tout rond. C’est ce qui ressort d’une projection effectuée par l’Insee, à partir des tendances actuelles d’évolution démographique. Mais si rien ne vient contrarier ce scénario, le bon taux actuel de natalité (l’un des meilleurs d’Europe) n’empêchera pas un vieillissement inéluctable de la population, porteur de redoutables enjeux économiques et sociaux puisqu’un Français sur trois aura soixante ans et plus contre un sur cinq en 2005, millésime charnière retenu par l’Insee.

Et la Bretagne dans tout cela ? Sa population va progresser à un rythme soutenu puisque l’Insee prévoit un million d’habitants en plus pour passer à 4,2 millions. Cela signifie-t-il que les Bretons vont pouponner en masse d’ici là ? Non, c’est même l’inverse qui est prévu avec une baisse du solde naturel démographique. Depuis 2015, et pour la première fois depuis la Révolution, il y a eu en Bretagne moins de naissances que de décès, exception faite des périodes de guerre. C’est ce que nous a appris l’Insee l’an dernier, tournant définitivement la page d’une Bretagne très procréative depuis plus de deux siècles.

Ce n’est pas là mais dans le solde migratoire qu’il faut donc chercher cette progression de la population bretonne d’ici 2050, supérieure à ce qui est attendu en moyenne pour les autres régions françaises. La forte attractivité de la Bretagne, déjà manifeste depuis le tournant du siècle, devrait donc s’accentuer et ce n’est pas la prochaine arrivée de la LGV qui va ralentir le mouvement. Rennes à une heure trente de Paris va sûrement entraîner des transferts et l’arrivée d’une génération LGV partant le matin travailler à Paris…

En toute logique c’est donc l’Ille-et-Vilaine qui va connaître la plus forte progression de population d’ici 2050. L’Insee l’estime à + 0,78 % par an pour ce département contre 0,51 % pour le Morbihan et 0,26 % pour les deux départements du Finistère et des Côtes-d’Armor. Le déséquilibre va donc donc nettement s’accentuer vers l’est de la Bretagne mais globalement, la région figurera parmi celles qui progresseront le plus.

L’Insee indique même qu’en 2050, les Bretons seront démographiquement passés devant les Normands. Ce qui peut éventuellement servir si, à cette date, nous décidons d’annexer le Mont-Saint-Michel.

René Perez
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