Pas de la tarte pour le gâteau breton !

On ne sait pas si, à Noël, on pourra encore mettre du beurre dans les épinards mais la hausse des cours industriels est en train de produire, par ricochet, ses effets sur la grande distribution où le beurre commence à faire sérieusement défaut dans certains supermarchés. Plusieurs causes se sont conjuguées pour faire grimper brutalement le cours du beurre industriel et par ricochet, l’effet se fait sentir dans les supermarchés où certains clients stockent. Des professionnels, crêpiers par exemple, préfèrent même aller faire le plein dans des hypermarchés, où la hausse est limitée par contrat annuel plutôt que chez les grossistes de beurre industriel où il est maintenant plus cher. Va comprendre, Charles !

L’effet est spectaculaire et les biscuitiers bretons ne sont pas les moins exposés. Quand certains gâteaux contiennent jusqu’à 25 % de beurre (et plus pour le kouign aman !), l’effet est forcément très sensible et les industriels vont devoir augmenter leurs prix. Si ce n’est pas forcément dans l’immédiat, en raison notamment de contrats déjà signés, ce sera très certainement le cas en début d’année.

Et voilà qu’une deuxième lame vient rogner les marges du secteur avec l’envolée très inattendue des cotations d’oeufs industriels, ce tout venant non calibré destiné à la fabrication.  La cause : l’affaire du fipronil, bien sur, ce produit de nettoyage qui a provoqué des contaminations d’oeufs dans les élevages, avec des effets ravageurs aux Pays-Bas, en Belgique ou en Allemenage. Non seulement certains élevages ont du être totalement vidés mais la crise de confiance s’est installée et les acheteurs étrangers se retournent notamment vers la France, pas directement concernée par ce scandale. Et qui, dans cette affaire, gagne en termes de qualité et de crédibilité.

Résultat : les cours de l’oeuf industriel français se sont envolés sur ces trois derniers mois avec une spectaculaire progression sur le marché. En moyenne, le kilo d’oeuf industriel était à 0,80 € à la mi-août. Puis 1,10 le 6 septembre, 1,28 le 27 puis 1,40 le 4 octobre, 1,50 le 11, 1,61 le 18… Il n’est pas fréquent de voir de telles envolées ! Elles réjouissent les producteurs d’oeufs mais assombrissent l’horizon des industriels du gâteau breton, car pour le beurre comme pour les œufs, le tendance ne semble pas à la veille de se retourner.

Alors faudra-il en venir à la mesure prise pour le cidre, où un appel a été lancé aux particuliers bretons à apporter leurs pommes pour faire face à la pénurie provoquée par le gel dans les vergers bretons ? Sait-on jamais. En se remettant à la baratte et en achetant quelques poules, on pourra peut-être bientôt faire son beurre !

René Perez
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