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De l’oseille pour le moules-frites

Le moules-frites est le grand succès de l’été dans les restaurants bretons. En terrasse ou à l’abri, marinières ou nature, c’est un plat qui se marie bien avec les vacances et les contraintes du budget familial, tant il est proposé à un prix abordable. Souvent autour de 10 euros. Mais alors que la saison s’ouvre, il faudra sans doute mettre un peu plus d’oseille dans le moules-frites, cette année, en raison d’une mortalité inexpliquée dans les filières et les bouchots à moules.

Le phénomène a débuté en 2014 et s’est progressivement étendu sur tout le littoral atlantique, de la Vendée à la Normandie, avec des foyers particulièrement touchés comme le sud-Vendée où les professionnels déplorent des pertes atteignant 95%. Au point que le conseil régional Pays-de-la-Loire a lancé un plan d’urgence pour soutenir les mytiliculteurs et participe aux travaux de recherche sur l’origine de cette mystérieuse mortalité.

En Bretagne et Normandie, les pertes sont moins sévères mais le mystère tout aussi entier car certains secteurs sont très affectés, comme la rade de Brest, alors que d’autres, telle la baie du Mont-Saint-Michel, semblent passer sans encombre cette période de crise qui survient alors que la profession a été déjà douloureusement affectée par le virus qui a touché les huîtres.

Programme de recherches

A ce jour personne n’a la réponse. Ifremer a entamé un programme de recherches et d’études sur l’origine de ce phénomène dont on ne sait s’il relève d’une bactérie inconnue, du réchauffement des eaux, d’un problème génétique, d’un accès de faiblesse dans les naissins… Toutes les hypothèses sont ouvertes et chacun sait, dans la profession, que les causes et les remèdes demandent généralement beaucoup de temps.

Mais cette raréfaction combinée à la forte demande qui se manifeste pendant l’été va très certainement peser sur les prix, même si les professionnels veulent s’efforcer de les maintenir à un niveau abordable. Les touristes anglais, particulièrement friands du moules-frites, vont avoir l’impression de subir la double peine si la hausse des prix se combine avec l’accès de faiblesse de la livre sterling. Il ne manquerait plus que le mildiou et les doryphores s’attaquent maintenant à la pomme de terre !

Pierre Vincent
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