Quand DCNS s’ancre dans le renouvelable marin

DCNS est décidément sur tous les fronts. En Australie a été récemment signé « le contrat du siècle » pour le fourniture de douze sous-marins (34 milliards d’euros) dont le tiers environ devrait revenir au groupe français de construction navale militaire. Du côté de Saint-Nazaire aussi, DCNS fait figure d’éventuel chevalier blanc pour entrer , au côté de l’Etat, au capital des chantiers de l’Atlantique dont l’italien Fincantieri est à ce jour le seul repreneur potentiel.

Mais voilà aussi que DCNS devient au fil des ans un intervenant majeur dans l’énergie renouvelable marine qui intéresse particulièrement la Bretagne. Dans ce domaine, les derniers événements n’ont pas été particulièrement porteurs. Le groupe Areva qui s’était donné des ambitions de leader mondial dans l’éolien marin (avec notamment le projet de la baie de Saint-Brieuc) a finalement décidé de jeter l’éponge. Les difficultés dans le nucléaire ont eu raison de cette diversification qui s’annonçait pourtant prometteuse. Idem du côté d’Alstom qui avait manifesté de l’intérêt pour le renouvelable avant finalement de revenir à ses fondamentaux.

En s’engageant résolument dans ce secteur d’activité, le groupe de construction navale vient de créer une filiale, DCNS Energie, embarquant au passage la banque publique BPI et la BNP-Paribas ainsi que la société Technip, un spécialiste de l’énergie. Cette filiale, qui dispose d’ores et déjà d’un budget de 100 millions d’euros, vient appuyer les premiers pas de DCNS dans le renouvelable, déjà marqués en Bretagne par la pose de d’une hydrolienne (2 MW) au large de Paimpol-Bréhat. Une deuxième devrait bientôt s’accoupler à la première avec un seul équipement de transport sous-marin de l’électricité pour deux engins. Un attelage présenté comme une première mondiale.

Avec le support logistique de cette filiale dédiée, DNCS devrait donner un coup d’accélérateur à certains projets en gestation, notamment au large du Cotentin pour une ferme de sept hydroliennes mais également au Canada. Le groupe se donne un spectre d’activité très large puisqu’il vise à la fois l’hydrolien, l’éolien marin ainsi que l’énergie thermique qui permet de produire de l’électricité à partir des différences de températures en mer. Avec l’ambition de réaliser ainsi 15 à 20 % de son chiffre d’affaires global.

Après la forfait d’Areva, cette implication de plus en forte de DCNS dans le renouvelable marin redonne une visibilité à l’ingenierie française dont l’activité est encore loin d’être à la mesure du domaine maritime français, le deuxième au monde. Au passage, il témoigne du regain de forme et de vigueur du groupe naval français qui, au tournant du siècle, a traversé une bien mauvaise passe.

René Perez
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