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Notre-Dame-des-Landes. Le retour aux sources

Qu’on soit pour ou contre le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, on a l’impression de planer un peu quand on aborde le feuilleton judiciaire qui balise des années et des années de polémiques. Le plus vieux conflit de France, ouvert il y a cinquante ans, aura connu des hauts dans les années 70 et 80, des bas dans les années 90 avant de passer, dans les années 2000, de projet d’équipement régional à sommet de controverse national. Avec, dans son sillage, une liste impressionnante de recours auxquels ont répondu 168 décisions de justice, si l’on en croit la comptabilité établie par un protagoniste de l’affaire. 168, qui dit mieux ?

Et ce n’est pas fini puisque l’on attend maintenant la décision de la Cour administrative d’Appel de Nantes, prévue mi-novembre, et qui pourrait donner un nouveau coup de rétrofrein à ce projet quinquagénaire. C’est du moins ce qu’on peut supposer après l’avis donné par la rapporteure publique de cette cour d’Appel. Elle a plaidé, lundi, pour l’annulation de quatre arrêtés préfectoraux autorisant la construction de l’aéroport.

Le meilleur projet : l’aéroport actuel

En l’occurrence, la magistrate Christine Piltant, n’a pas fait dans la demi-mesure. D’une part, elle a mis en évidence la fonction hydraulique éminente jouée par tout le secteur de Notre-Dame-des-Landes et les conséquences qui découleraient d’un aménagement de cette zone humide. Mais surtout, elle est remontée à la source de cette affaire en estimant, argumentaire à l’appui, que le meilleur projet, c’est celui de Nantes-Atlantique. Autrement dit l’aéroport actuel dont l’équipement, selon elle, est parfaitement capable d’absorber le trafic qui lui est dévolu.

En quelques chapitres rigoureusement distillés, elle a fait un retour aux sources, semblant rayer d’un trait de plume des années de procédure. Avec deux affirmations à la clef : Notre-Dame-des-Landes n’est pas un bon site pour un tel équipement et l’aéroport actuel n’est pas du tout obsolète. Emballez, c’est pesé !

Comme il est d’usage que la Cour suive l’avis de son rapporteur, on imagine les réactions le 14 novembre si les arrêtés préfectoraux sont annulés. Cela voudra dire qu’on repart pour un tour et que la consultation populaire de juin, où le « oui » l’a emporté, sera emporté dans l’impétueux flot judiciaire.

Du côté des partisans du projet et de l’Etat, on se pourvoira devant le Conseil d’Etat. Mais il n’est pas certain que ce nouveau report indispose Manuel Valls et son aréopage gouvernemental. Cela signifierait que l’on appuie sur le mode « pause », qu’il ne sera pas nécessaire de faire intervenir les forces de l’ordre pour faire évacuer le site et que le bébé sera ainsi refilé au prochain gouvernement. Dans moins de six mois maintenant.

René Perez
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