nddl

Notre-Dame-des-Landes. Mais qu’en pensent les voisins ?

Emmanuel Macron va devoir trancher. En janvier, le Président dira s’il donne ou non son feu vert à la construction d’un nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes ou s’il convient, au contraire, de réaménager l’aéroport actuel de Nantes-Atlantique. Et ce n’est pas le rapport rendu ce mercredi qui va beaucoup éclairer son choix.

En vérité, on savait qu’il n’y avait pas grand-chose à espérer de ce travail réalisé par trois experts qui, dès le départ, avaient prévenu qu’ils ne pencheraient pas pour l’une ou l’autre solution. Ils ont organisé une très vaste consultation, estimé les coûts respectifs des deux options et indiqué qu’elles sont toutes deux parfaitement envisageables. Mais on n’est pas beaucoup plus avancé.

De Brest au Puy-du-Faou

Alors, au moment où il devra trancher, Emmanuel Macron n’oubliera pas les résultats de la consultation réalisée en Loire-Atlantique qui a donné une majorité de 56 % en faveur de Notre-Dame des-Landes. Mais il ne devra pas oublier non plus les opinions émises par les grands voisins des Nantais.

En Bretagne administrative, les plus grandes réserves sont venues de la pointe bretonne. Et plus précisément des milieux économiques s’inquiétant pour l’avenir des aéroports de Brest et Quimper dont la nouvelle plate-forme amputerait un peu plus l’aire d’attractivité commerciale. Les Finistériens étaient d’autant plus remontés que le projet était présenté, il y a quelques années encore, comme « L’aéroport international du Grand-Ouest ». Un concept marketing très hégémonique laissant supposer que l’aéroport de Brest n’est fréquenté que par quelques ploucs alors qu’il dépasse le million de voyageurs annuels. Depuis, ce concept marketing a disparu mais pas les inquiétudes de l’Ouest breton, où on s’est fait plus discret ces temps derniers. Mais on n’en pense pas moins qu’un nouvel aéroport ne s’impose peut-être pas dans une région bretonne en grande surcapacité aérienne avec Brest, Quimper, Lorient, Morlaix, Lannion, Saint-Brieuc (quisiment vide), Dinard, Rennes… Quasiment un record de France pour des villes de cette taille.

L’opposition est forte aussi au sud de Nantes, menée notamment par Philippe de Villiers et de nombreux responsables économiques de Vendée, craignant ce déplacement qui éloignerait le nouvel aéroport et voyant se profiler l’obligatoire traversée de la grande agglomération nantaise aux voies chargées aux heures de pointe. Selon Philippe de Villiers, cet éloignement pourrait être un gros handicap pour Le Puy-du-Fou, une des plus grosses concentrations touristiques françaises.

Le Drian : devoir de réserve

Et puis il y a Rennes où les opinions sont partagées. Certains craignent l’effet d’aspiration de Notre-Dame-des-Landes sur le trafic de l’aéroport de Saint-Jacques (géré par Vinci, comme celui de Nantes) resté curieusement bloqué à 400.000 voyageurs/an pendant des années avant de brutalement décoller pour gagner 50 % de trafic en trois ans. Il dépasse maintenant les 600.000 voyageurs. D’autres, principalement dans les milieux économiques, pensent au contraire qu’un nouvel aéroport permettrait d’offrir de nombreuses liaisons internationales dont toute la Bretagne a besoin pour asseoir ses marchés à l’étranger.

Enfin, reste Jean-Yves Le Drian. Il est probable qu’il restera prudemment à l’écart du processus de décision pour que le choix, quel qu’il soit, ne lui revienne pas en boomerang. Sa fonction de ministre lui impose un devoir de réserve et il ne va pas s’en plaindre, lui qui a apporté son soutien au projet de Notre-Dame-des-Landes dans des temps moins agités. Avec à la base, il est vrai, un donnant-donnant entre Le Drian, Ayrault et les conseils régionaux de Bretagne et Pays-de-la-Loire, ce dernier ayant mis 90 millions d’euros dans la construction de la nouvelle ligne LGV Le Mans-Rennes. Avec accord plus ou moins tacite de réciprocité sur le projet de nouvel aéroport.

René Perez
Laisser un commentaire

Votre adresse email sera publiée. Les champs obligatoire sont marqués par un *

viderValider