Notre-Dame-des-Landes. Et si Macron avait dit oui…

Notre-Dame-des-Landes joue les prolongations. On pensait que le non de Macron au projet d’aéroport allait calmer les esprits et voilà qu’on bascule dans un scénario de guerilla déployé sur deux fronts : en version rurale sur le site du projet d’aéroport, en version urbaine à Nantes la bouillonnante.

Cette ville est, avec Rennes, le théâtre des manifestations les plus violentes de province, depuis quelques années, et la corrélation avec Notre-Dame-des-Landes s’est confirmée au fil des affrontements les plus radicaux. Notamment contre la loi El-Khomri où le centre-ville nantais avait connu des exactions dépassant largement le cadre d’une manifestation de rues.

Les techniques de guérilla et les tenues de camouflage ne laissaient alors que peu de doute sur l’origine de certains manifestants, relevant plus de la lignée des ultras organisés que de syndicalistes revendicatifs. Au delà de la contestation contre le projet, Notre-Dame-des-Landes est devenu un abcès de fixation qui a attiré les éléments les plus radicaux, trouvant là un terrain de prédilection pour des batailles rangées, avec Rennes et Nantes en déclinaisons urbaines.

A voir le spectacle des affrontements, au cours de ces derniers jours, sur le site de l’ex-futur aéroport et dans le centre-ville nantais, on en arrive bien sûr à se demander ce qui se serait passé si Emmanuel Macron avait donné le feu vert aux travaux. On imagine des années de guérilla sur le site, un chantier sous haute protection de forces de l’ordre en mobilisation permanente et des manifestations récurrentes sur Nantes et Rennes, comme autant de descentes crépusculaires en cagoules et tenues noires.

On pensait que ce mois d’avril serait placé sous le signe d’un pays bloqué par les cheminots et on constate que les actions les plus spectaculaires viennent des ultras, qu’ils soient à Tolbiac, à Nantes et probablement à Notre-Dame-des-Landes où les techniques d’embuscades et les jets de cocktails Molotov ne sont sans doute pas tous le fait de candidats à l’installation dans l’agriculture alternative.

Pour le gouvernement, le scénario n’est pas tout à fait une surprise. On savait que certains zadistes de Notre-Dame-des-Landes ne feraient pas leurs valises sur un claquement de doigts. Mais on ne pensait pas qu’en ce cinquantième anniversaire de Mai 68, ce sont les ultras qui tiendraient le haut du pavé, du côté de Tolbiac et de quelques universités bloquées, ou dans les parages de Notre-Dame-des-Landes où la victoire des zadistes sur le projet initial accouche d’un scénario bien plus musclé que prévu.

René Perez
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