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Notre-Dame-des-Landes. Hulot en zone de turbulences

Nicolas Hulot, Breton d’adoption, installé à Saint-Lunaire près de Saint-Malo, accepte pour la première fois d’entrer dans un gouvernement. Avec le titre de ministre de la Transition écologique et solidaire et rang de ministre d’État, il fait même une entrée très remarquée en haut de la hiérarchie ministérielle. Et pourtant, jusqu’à présent, il avait tout refusé. Chirac, Sarkozy, Hollande… Depuis plus de vingt ans, les présidents successifs lui ont fait des appels du pied et même de sérieuses avances, avec bien des promesses à la clef. Il a tout refusé.

Et là, il accepte. Peut-être parce qu’il a dépassé la soixantaine, qu’il sait que l’horloge tourne et sans doute également parce que les orientations de Macron lui paraissent plus convaincantes que celles de ses prédécesseurs. Mais son « oui » au nouveau Président est entouré d’une part de mystère ? Le nouveau ministre aurait-il obtenu des assurances sur le dossier le plus explosif du moment, celui de Notre-Dame-des-Landes. Car comment comprendre qu’il se décide à sauter le pas ministériel alors qu’il sait qu’il a devant lui un dossier explosif et un terrain miné, a fortiori pour un ministre chargé de l’Ecologie.

La réponse, il faut en partie aller la chercher dans la diversité de ses déclarations. Opposé au projet, il l’a toujours été, considérant que cet aéroport ne pouvait se réaliser sur les bases posées. « Jamais il ne se fera dans les conditions actuelles », disait-il, il y a quatre ans. Mais l’an dernier, il a modulé son propos en déclarant sur Europe 1 qu’il « s’incline devant le vote démocratique », autrement dit le référendum organisé en Loire-Atlantique qui a donné une majorité de 55 % au « oui à l’aéroport ». Tout en se disant « attristé par ce vote » et très réservé sur le contour retenu pour ce référendum (il aurait souhaité que les régions concernées soient consultées), Nicolas Hulot reconnaissait donc une légitimité au résultat du vote à défaut d’une légalité au périmètre retenu.

Et il ajoutait : « Au gouvernement de prendre ses responsabilités ». Aujourd’hui, il y est.

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