Notre-Dame-des-Landes. Hulot veut une alternative

Six mois pour trouver une issue. Les trois personnalités nommées par le gouvernement pour une médiation sur le bouillant dossier de Notre-Dame-des-Landes, ne pourront pas sortir de solution miracle de leur chapeau. Il n’y en a pas. Alors où aller chercher ces « solution alternatives » dont a parlé Nicolas Hulot, laissant ainsi clairement entendre que la création d’un nouvel aéroport n’en est pas une ? C’est elle qui est sur la table actuellement, après le vote favorable de l’an dernier. Si le ministre parle d’alternative, cela signifie qu’il faut chercher autre chose. C’est clair.

Mais chercher où ? Il n’y a pas trente-six solutions. L’alternative, c’est revenir à la situation actuelle, avec un réaménagement de l’aéroport de Nantes-Atlantique. L’alternative, ce serait de repenser les projets de refonte tels qu’ils ont déjà été élaborés. Ils supposent une modification de la piste, avec allongement et bandes de sécurité plus large pour répondre aux normes actuelles mais aussi une refonte de la surface pour lui ajouter de l’épaisseur. Cela suppose aussi de repenser l’aérogare actuelle, arrivé en buttée de fréquentation mais aussi de prendre des mesures de protection sonore accentuée pour toutes les zones concernées. Et toute une série d’autres modifications.

Tout est à repenser à une vitesse record ! Mais l’alternative, c’est peut-être aussi de transférer du trafic vers les autres aéroports bretons. Et la région n’en manque pas. On atteint même une densité record en France avec Brest, Quimper, Lorient, Morlaix, Lannion, Saint-Brieuc, Rennes, Saint-Nazaire… Pourquoi faudrait-il construire un nouvel aéroport alors que certaines plates-formes sont quasiment à l’arrêt (Saint-Brieuc) et que d’autres, bien plus proches, pourraient très facilement absorber un surcroît de trafic pour alléger celui de Nantes. Mais cela suppose que l’État décide d’imposer de la régulation aérienne pour donner un peu plus de cohérence à un secteur d’activité assis sur la seule stratégie des opérateurs.

A proximité de Nantes, il y a au moins les aéroports de Lorient, Saint-Nazaire et surtout Rennes qui a enregistré, en 2016, la plus forte progression des aéroports de France. Mais son trafic n’est que de 640.000 passagers contre 4,7 millions pour Nantes. On imagine les possibilités de transférer certaines liaisons de Nantes vers Rennes, surtout au moment où la LGV va mettre la capitale bretonne à 1 h 30 seulement de Paris. Autant dire qu’avec une concurrence aussi imbattable, la ligne aérienne Rennes-Paris va prendre une grosse claque et que l’aéroport de la capitale bretonne va avoir d’autant plus de marge pour accueillir du trafic nantais. Du moins si l’État considère qu’il doit maintenant entrer dans le jeu d’une régulation planifiée du trafic aérien pour sortir de ce véritable bourbier.

René Perez
Laisser un commentaire

Votre adresse email sera publiée. Les champs obligatoire sont marqués par un *

viderValider