Crozon. L’Ile-Vierge menacée par le tourisme

Ce n’est pas une île, contrairement à ce que son nom indique. Juste une petite presqu’ile dans la presqu’île de Crozon. Et en quelques années à peine, elle est passé du statut de petit trésor caché à celui de site emblématique de la Bretagne. L’ïle-Vierge et sa magnifique crique, baignée d’eaux turquoises dans la baie de Douarnenez, est longtemps restée un endroit à l’écart, difficilement accessible et seulement fréquentée par des habitués descendant la falaise parfois périlleuse pour pouvoir s’y baigner.

Et puis, avec la grande mode de la marche et des randonnées, elle est devenue plus fréquentée et de moins en moins secrète. Jusqu’à ce qu’un site internet européen, subjugué par ce joyau composé de roches, d’arbres et d’eaux turquoises, ne classe l’Ille Vierge parmi les 10 plus belles plages d’Europe, en 2014.

Pas de bol pour les habitués du lieu ! En un rien de temps, l’Ile-Vierge devient un site recherché par les randonneurs. Ils étaient moins de 20.000 par an en 2011. Ils sont 60.000 aujourd’hui à emprunter le vieux chemin des douaniers qui mène de Morgat jusqu’au Cap de la Chèvre, en surplombant ce trésor de la nature. Des cars de tourisme viennent désormais déposer les marcheurs au dessus du bois de Morgat pour les récupérer quelques kilomètres plus loin, au Cap.

Un petit chemin…

Mais un chemin des douanier, ce n’est pas une autoroute. Les gabiers, comme on les appelait jadis, n’allaient que par deux et n’avaient besoin que d’un petit chemin dans la lande pour surveiller les côtes. On pouvait à peine s’y croiser. Autant dire que ce sentier côtier n’est pas adapté à la surfréquentation qu’il connaît actuellement, sous l’effet d’une surmédiatisation à laquelle la municipalité de Crozon a d’ailleurs décidé de mettre un bémol. Elle ne met plus en avant l’Ile-Vierge dans sa communication pour freiner un élan qui menace le site.

Didier Cadiou, le Monsieur Environnement de Crozon, ne peut que constater que le chemin s’érode, notamment sous l’effet des bâtons des marcheurs. Peu a peu, leur multiplication accentue l’érosion du chemin. Par endroit, la falaise est menacée d’affaissement et les risques de chutes sont réels dans certains endroits.

Pas question bien entendu de fermer ce chemin des douaniers. Mais le site est l’objet d’un suivi attentif qui mènera peut-être un jour à une limitation de fréquentation quotidienne car sur ce site escarpé, propriété du Conservatoire du littoral, il est tout de même peu probable de voir un jour prochain pelleteuses et rouleau compresseur venir tracer une route.

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