Crise du lait. Le Pape dans le rôle du pasteur

La crise du lait touche toute l’Europe. Et elle est si grave que des éleveurs ont demandé audience au Pape, comptant probablement sur lui pour jouer le bon pasteur et trouver les voies pour conduire le troupeau vers des horizons plus verdoyants. La démarche a été initiée par le syndicat European Milk Board et 120 éleveurs vont ainsi être accueillis au Vatican par le Pape François, parmi lesquels deux agricultrices bretonnes.

Cette initiative témoigne d’un certain désarroi à l’heure où la crise laitière frappe les producteurs qui ne savent plus à quel saint se vouer. Aucun, il est vrai, n’a été spécifiquement chargé de veiller sur les éleveurs laitiers mais saint Mamert semble avoir le patronyme pour une mission spécifique. En se plaçant sous le patronage du Pape, les éleveurs savent aussi que ce pontife pas tout à fait comme les autres est une autorité d’influence dans les grands dossiers économiques qui agitent la planète. Ils n’ignorent pas non plus que contrairement à nombre de ses prédécesseurs, ce Pape a été longtemps très proche du peuple et vient justement de la pampa argentine (habemus pampa !), immense région d’élevage d’Amérique du sud. Sa voix porte toujours doublement et même sur un dossier comme celui-ci, elle peut être déterminante pour mettre en évidence la principale raison de cette crise : il y a trop de lait en Europe. La fin des quotas laitiers a entraîné une dérégulation du marché et le retour des excédents. Ils sont en train de mettre le lait dans la même panade que le pétrole : la surproduction casse les prix.

Pour convaincre Bruxelles de remettre un peu de régulation dans ce système, les éleveurs comptent donc aussi sur le Pape. Et espèrent qu’il ne prêchera pas dans le désert.

René Perez
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