Bretagne. Au bord de la « crise de recrutement »

7 % tout rond. Le taux de chômage en Bretagne atteint son plus bas niveau niveau depuis 2009, selon les chiffres que vient de fournir l’Insee, portant sur le premier semestre 2019. La Bretagne figure toujours sur le podium des régions au plus faible taux de chômage (8,5 % au niveau national) mais avec ce seuil de 7 %, elle entre dans la zone où les tensions deviennent plus fortes sur le marché de l’emploi. Non plus, désormais, en raison du surnombre de demandeurs mais, à l’inverse, à un recrutement difficile dans certains secteurs.

Au moment même où l’Insee faisait part de cette nouvelle baisse du taux de chômage (il était à 7,2 % en début d’année), se tenait l’Open de Carhaix réunissant 700 participants. Ici point de tennis mais de longs échanges sur l’économie de la Bretagne, notamment autour de Breizh Fab, cet organisme lancé avec le concours de la Région pour soutenir les PME et TPE industrielles bretonnes. Elles sont bien plus nombreuses qu’on ne le croit, au point que de Bretagne qui eut longtemps l’image de région agricole figure aujourd’hui parmi les plus industrielles de l’Hexagone. Pour la même raison : de l’agriculture on est passé à l’agroalimentaire, activité industrielle dont le tissu breton est particulièrement dense si l’on prend en compte toute la TPE et PME liées aux activités de bouche.

Et quel est le leitmotiv qui maintenant remonte invariablement de ce terreau industriel ? La difficulté de recruter. A Carhaix, on a même parlé de « crise de recrutement », notamment dans le secteur agroalimentaire, et de la difficulté de retenir des jeunes qui rechignent à s’investir trop vite dans une vie professionnelle. Mais c’est peut-être aussi, a-t-on dit, parce que cette industrie doit se réinventer, accompagner plus les jeunes, augmenter les salaires en réussissant à faire baisser les charges…

De toute évidence, il faut une réflexion globale, surtout au moment où vient de tomber un autre indicateur attribuant au Finistère le titre peu envieux de département le plus touché par les troubles musculo-squelettiques dans le monde du travail. Là encore ce sont essentiellement les activités tournant autour de l’agriculture et de l’agroalimentaire qui figurent en tête des secteurs les plus touchés. Une réalité qui implique de repenser le mode d’organisation, d’automatiser les tâches les plus harassantes, de limiter les ports de charge, d’aménager des postes de travail à hauteur… Cela devient d’autant plus impératif, voire même vital pour certaines entreprises, quand le taux de chômage entre ainsi en zone de tension.

René Perez
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