Crise agricole. Le choc de coopération

La crise agricole n’en finit pas de susciter des remous et des réactions. Les coopératives agricoles et agroalimentaires de l’Ouest ont avancé, à leur tour, des préconisations qui peuvent tenir en trois mots : étiquetage, compensations, simplification. D’abord l’identification précise et la provenance des produits car à quoi sert-il de répondre à des normes de qualité si on ne peut pas le faire savoir au stade de la commercialisation ? Des compensations, sous quelque forme que ce soit, car les distorsions de concurrence intra-européennes ne sont plus acceptables avec des situations aussi socialement et fiscalement disparates. Simplification enfin car le cortège des exigences administratives transforme l’agriculture en antichambre d’étude d’huissier.

Mais dans la liste des remèdes sans doute faut-il ne pas oublier un nécessaire resserrement des rangs au sein de la profession agricole et singulièrement dans la production porcine. Face au poids des transformateurs ou de la grande distribution, les producteurs se sont trop souvent présentés en ordre dispersé pour apporter le nécessaire contrepoids. Le constat est aujourd’hui si manifeste que cinq groupements de producteurs de porcs ont décidé de s’unir et envisagent une plate forme commune de vente qui donnerait plus de volume à leurs transactions et plus de poids à leur organisation.

Jean-Yves Le Drian, reprenant sa casquette de président de la Région Bretagne, l’a évoqué dimanche matin sur RTL. Parlant d’une « crise des prix » et d’une « crise de la filière », il prône des mesures d’urgence, notamment de stockage, pour désengorger les marchés. En agriculture comme pour le pétrole, il suffit parfois d’une faible surproduction pour enclencher une mécanique de baisse en forme de spirale infernale. Ca c’est pour l’urgence. Mais s’il compte sur l’Europe pour de nécessaires mesures de régulation, il estime aussi que la filière est insuffisamment organisée et que la valeur ajoutée est injustement répartie ; « Dans son exploitation, dit-il, l’éleveur breton est tout à fait compétitif. C’est après que ça se complique ». D’où la nécessité d’une « offre collective pour valoriser au mieux, dit-il, la production des adhérents à travers notamment une plate-forme de vente commune ».

Quand ici ou là on avance le choc de compétitivité et le choc de simplification, peut-être faut-il donc aussi en passer par le choc de coopération.

René Perez
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