crpidule, Crepidula fornicata

La crépidule rate son come-back en Amérique

C’était un prometteur retour à l’envoyeur. Les crépidules, coquillages à la stupéfiante vitesse de prolifération, sont arrivées sur le littoral français accrochées à des barges du débarquement de 1944. En traversant l’Atlantique en sens inverse, la société ALD de Cancale, pensait avoir trouvé le filon, avec exportation, en Amérique du Nord, de la chair de crépidules pour la restauration. Mais le marché n’a pas suivi et l’entreprise, aux reins encore trop peu solides, n’a pas survécu. Elle a été placée en liquidation.

Pas de prédateur

Pourtant, les Normands comme les Bretons observaient avec beaucoup d’intérêt les efforts méritoires de cette société pour valoriser la crépidule. Pensez donc : la vitesse avec laquelle ce coquillage a colonisé certains fonds marins, notamment ceux de la baie de Saint-Brieuc, interpelle autant qu’elle inquiête. Ce mollusque a d’exceptionnelles capacités de reproduction mais pas de prédateur sur les côtes françaises. Résultat : il avance à vitesse grand V et seul l’homme réussit pour l’instant à faire un peu barrage à une expansion rapide qui menace d’autres espèces marines.

Mais comment valoriser la crépidule ? La pêcher pour en faire seulement de l’amendement calcaire pour l’agriculture, n’est pas une activité économiquement rentable. Il faut aussi valoriser la chair, ce qui jusqu’à présent relevait de la gageure en raison de la difficulté à la séparer de la coquille.

Réussir à séparer la chair

La société ALD, installée à Cancale depuis 8 ans, va réaliser la passe de trois pour ouvrir les portes de l’avenir. D’abord, elle met au point un procédé ingénieux pour décortiquer la chair du mollusque en la rendant commercialisable. Secundo : elle a un marché pour la coquille brute, revendue pour l’amendement des sols. Et tertio, elle trouve à Boston (USA) un importateur intéressé pour la commercialisation en Amérique du Nord, de la chair de crépidule à destination de l’alimentation. Banco ! Le modèle économique semble tenir la route et des représentants de l’importateur viennent à Cancale prendre symboliquement la première livraison en conteneur.

Mais depuis, le soufflé est retombé. Le marché américain n’a pas suivi, les commandes non plus. La société cancalaise qui avait tout misé sur ce contrat se retrouve le bec dans l’eau. Au point de couler. Mais le concept reste valable. Il intéresse deux candidats à la reprise de cette société qui compte une douzaine de salariés.

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