Michel Lucas, le Breton exilé en Alsace, croyait avoir partie gagnée. Mais la veille de l'AG extraordinaire constitutive, les juges mettent son plan par terre.

Crédit mutuel. Désapprouvé par la justice Michel Lucas démissionne

Coup de théâtre ! Michel Lucas, 76 ans, le président du CM-CIC et de la Confédération de Crédit mutuel, en conflit ouvert avec le CMB-Arkéa, a décidé de démissionner après avoir été désapprouvé par le tribunal de grande instance de Paris.

On va de coup de rebondissement en coup de théâtre dans le conflit qui oppose les deux grands groupes de Crédit mutuel, avec leur Confédération pour zone de conflit. En ce mercredi 20 janvier, à Paris, était prévue l’assemblée générale extraordinaire qui devait entériner la réforme du Crédit mutuel, avec fusion de la Confédération nationale et de la caisse centrale en un seul et même établissement. Michel Lucas, patron de la Confédération et de la Caisse de Crédit mutuel de l’Est-CIC, s’apprêtait à pénétrer dans la salle comme César entrant à Rome.

Et patatras ! Mardi en fin d’après-midi, soit moins de 24 heures avant la dernière marche, le Tribunal de grande instance de Paris a tout fait capoter dans un jugement sans ambiguité. Les juges ont estimé que pour une fusion-absorption de cet ordre, l’unanimité était obligatoire comme elle l’est actuellement, par exemple, pour les communes décidant de se regrouper. Ces fusions ne peuvent se faire au forceps. Il faut un vote unanime. Or c’est à la majorité que Michel Lucas avait fait entériner son plan lors de l’assemblée générale du 14 octobre dernier .
Ultime rebondissement dans l’après-midi de mercredi : ce dernier a décidé de quitter son poste à la tête du Crédit mutuel CIC (Est de la France) et s’apprêterait à en faire de même à la Confédération qu’il dirige d’une main très ferme. C’est son second, Nicolas Théry, qui devrait lui succéder.

« L’irrégularité de la réforme »

La décision de justice prise mardi constitue doublement une surprise. D’abord parce qu’un précédent référé du CMB Arkéa avait été rejeté, laissant supposer que la Justice donnait son aval à la procédure lancée et confortait donc Michel Lucas dans ses visées sur l’ensemble du Crédit mutuel. Ce n’est pas le cas. Mais le calendrier donne aussi du relief à l’affaire puisque c’est la veille de la grande cérémonie constitutive que le tribunal de Paris a rendu sa décision, renvoyant la balle au centre et les petits fours chez le traiteur.

Du côté du Crédit mutuel Arkéa, on se réjouit bien sûr de ce renversement de situation. Dans un communiqué, le groupe estime que « cette décision démontre l’irrégularité de la réforme centralisatrice engagée par la Confédération nationale de Crédit Mutuel ».

Michel Lucas, de toute évidence, ne pouvait pas relancer une procédure sur des bases équivalentes puisque le groupe Arkéa dispose donc désormais d’une minorité de blocage, en vertu de la décision du TGI de Paris. Dans l’impossibilité d’arriver à ses fins, il a décidé de démissionner.

Appel aux pouvoirs publics

Quelle solution pour en sortir ? Pour les dirigeants d’Arkéa « c’est aux pouvoirs publics de définir rapidement, en accord avec les différents groupes de Crédit mutuel et en liaison avec les régulateurs, un cadre rénové reconnaissant l’existence de deux groupes bancaires autonomes et concurrents ». Autrement dit puisqu’un accord n’est pas possible, il faut que les ministères concernés entrent dans le jeu pour arbitrer et aller vers cette autonomie que revendique Jean-Pierre Denis, le président du groupe Arkéa.

Michel Lucas ne l’entendait t pas de cette oreille. D’où se démission. Reste à savoir ce que décideront ses successeurs. Il est peu probable qu’ils jettent l’éponge et on peut penser, qu’en sous-main au moins, Michel Lucas les incitera à persévérer en mobilisant sphères de soutien et juristes patentés. Ce que rend d’autant plus légitime le grand rassemblement de soutien au CMB-Arkéa organisé par un collectif, dimanche à Brest, avec des bonnets rouges et gris pour nouveau symbole identitaire.

René Perez
2 Commentaires
  1. MEYER

    Désolé, mais votre information est erronée : Michel LUCAS a passé la main à Nicolas THERY le lundi 18/01, soit la veille de la décision du TGI PARIS du 19/01 dont personne n’avait bien évidemment connaissance du contenu. A bon entendeur !

  2. YVON

    Pas sur que ce soit une bonne nouvelle que le retrait de M. LUCAS, il suffit de voir le CV du nouveau président

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