Crédit mutuel. Derrière l’affaire, de bonnes affaires !

Pendant le bras de fer, les affaires continuent. Au Crédit mutuel, la bataille engagée entre les deux principaux groupes, le Crédit Mutuel CIC à l’est de la France et le Crédit mutuel-Arkéa, à l’ouest, n’a pas pour autant grippé la mécanique. Bien au contraire. Les deux groupes viennent, tous deux, d’annoncer des bénéfices records qu’ils qualifient d’historiques. On n’ira pas jusqu’à supposer que la compétition engagée crée de l’émulation mais la preuve est faite qu’une affaire regrettable peut en cacher bien d’autres nettement plus profitables.

Il n’est cependant pas prévu que les dirigeants des deux groupes sabrent ensemble le champagne pour fêter ces meilleurs résultats de l’histoire du Crédit mutuel. L’affrontement se poursuit malgré l’annonce du départ de Michel Lucas, puissant président du CM-CIC et dirigeant d’un grand groupe de journaux régionaux sur toute la façade est de la France. C’est lui qui menait la bataille frontale contre le CMB Arkéa mais ses successeurs n’ont pas pour autant jeté l’éponge. Ils ont annoncé qu’ils faisaient appel de la décision du Tribunal de grande instance de Paris, lequel a estimé que le Credit mutuel ne pouvait décider d’abandonner le statut associatif pour se transformer en coopérative (avec nouvelle direction générale, distincte des groupes régionaux) sans l’accord unanime de tous ses membres. Or, le CMB Arkea, avec ses fédérations de Bretagne, du Sud-Ouest et du Massif central avait voté contre.

Le face à face va donc se poursuivre devant la Justice mais aussi dans le course aux résultats où chacun des deux groupes veut montrer ses muscles. Mais d’où peuvent bien provenir ces performances historiques alors que l’activité économique est atone et les taux d’intérêt à un niveau d’étiage lui aussi historiquement bas ? Selon les dirigeants, c’est du côté du succès de la bancassurance et des performances des filiales qu’il faut aller chercher les raisons de ces résultats exceptionnels. Peut-être. Mais grâce au nouveau comparateur de taux bancaires (tarifs-bancaires.gouv.fr) que le gouvernement vient tout juste de lancer, on constate qu’à la pointe bretonne, c’est le Crédit mutuel qui impose à ses clients les tarifs de tenue de compte les plus élevés sur la quinzaine de banques répertoriées. A priori, il n’y a donc pas que la bancassurance.

Alors bien sûr, on sait que cet indicateur de tenue de compte est généralement celui qui fait référence mais qu’il faut prendre un peu de recul et regarder en détail tous les autres indicateurs qui révèlent parfois de grandes disparités : tarif annuel pour une carte de paiement, frais de virement, commission d’intervention, frais de retrait d’espèces dans une autre banque… Le passage en revue ne manque pas d’intérêt. Et si vous avez du mal à bien distinguer cette accumulation de chiffres, soyez un peu patient : on annonce la mise en place prochaine d’un observatoire sur les prix des lunettes.

René Perez
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