Covid. La Bretagne, région à risques en janvier ?

Roselyne Bachelot, ministre de la Culture, a fort à faire avec tous ces secteurs culturels laminés par la pandémie de Covid. Et pourtant, c’est dans un domaine qui n’est pas le sien qu’elle a lancé une petite phrase qui a fait le beuzh chez les Bretons. « Un certain nombre d’épidémiologistes nous disent que la Bretagne pourrait être une région à risques en janvier », a-t-elle déclaré au micro de France Inter. Dans l’Ouest, forcément, l’affirmation n’est pas passée inaperçue d’autant que l’expression « région à risques » est imprécise mais porteuse d’une certaine dramatisation.

La ministre n’a sans doute pas tort, par les temps qui courent, de mettre en garde contre une éventuelle flambée liée aux traditionnelles migrations des fêtes de Noël. D’ordinaire, c’est l’époque à laquelle la gastro arrive en Bretagne après avoir pris ses aises dans l’est de la France puis la région parisienne. Cette fois, c’est bien entendu sur le Covid que se concentrent les inquiétudes, à la mesure de la vague de voyageurs mettant le cap sur la péninsule armoricaine. Après un été qui a enregistré des records de fréquentation, cette trêve de Noël entraîne aussi de très nombreux passages dans la région actuellement la moins touchée de France par le virus.

Si la ministre a voulu dire qu’il y a un risque de hausse des indices, elle a sans aucun doute raison. Le brassage de population va quasi-obligatoirement entraîner une dégradation. C’est mathématique, avec un taux de contamination qui a d’ailleurs commencé à remonter. La hausse des indices est quasi-certaine à 100 %. On n’y coupera pas, d’autant que la Bretagne est actuellement la moins immunisée de France puisqu’elle est la moins touchée. C’est logique.

En revanche si la ministre a voulu dire que la Bretagne allait se retrouver parmi les régions les plus touchées de France, elle met le curseur probablement un peu trop haut. Car c’est le même message qui avait été donné au printemps. On prévoyait une vague Covid venue de l’Ouest après l’arrivée sur la façade atlantique de nombreux foyers venus se confiner. Mais on n’a enregistré aucune montée brutale des indices. On est même plutôt resté à marée basse.

Mais avec ce virus, plus vicieux qu’un reptile, on ne peut jamais jurer de rien. Il ne reste donc plus qu’à espérer que Roselyne Bachelot a tort. Ce ne sera ni la première, ni la dernière fois.

René Perez
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