Le digital au secours des petits commerces ?

Notre société va-t-elle changer après le Covid 19 ? La question revient régulièrement au travers d’articles de presse, sur les réseaux sociaux, et de manière générale partout où l’on peut exprimer une opinion. La question revient tellement que l’on se demande si ce n’est pas au fond un souhait général. Sortir de cette période et entrer dans un monde nouveau… Bien malin néanmoins celui qui peut affirmer que ce sera le cas.

Les prémices d’un changement sont là malgré tout, notamment en matière d’habitude d’achat. Les ventes en ligne explosent et le Covid 19 n’arrange rien à l’affaire. C’est terrible pour le commerce local entendrons-nous. Oui, mais la défense s’organise et pourrait avoir trouver avec le virus chinois un allié de circonstance.

On s’explique : la transformation digitale des entreprises avance et aujourd’hui toutes les sociétés ont des sites internet. Toutes ? Non, car les petits commerces/producteurs résistent encore pour beaucoup. Pardon : résistaient encore pour beaucoup, car depuis quelques temps, à cause notamment de l’explosion d’Amazon (4,5 milliards d’euros de chiffre d’affaire en 2018 en France pour le géant américain), la réflexion était bien entamée chez les plus petits afin de se positionner sur la vente en ligne.

Ainsi en Bretagne, avant l’apparition du Covid 19 printanier, a-t-on vu fleurir quelques tentatives de création de sites internet rassemblant des commerces locaux. Du côté de Lesneven par exemple, plusieurs commerçants réfléchissent à sortir un site internet collectif pour vendre et livrer leurs produits. Ce matin, grande nouvelle, c’est la région Bretagne qui a lancé une nouvelle plateforme, produits-locaux.bzh.

Le principe est simple : permettre aux agriculteurs, professionnels de la mer et artisans de bouche, touchés par la crise, de se mettre en relation avec les consommateurs bretons et de proposer leurs produits. Les professionnels viennent se référencer sur le site, présenter produits et mode de livraison. Les particuliers y auront accès à partir du 9 avril.

Ce site va-t-il connaître le succès ? Son cousin néo-aquitain, dont il est une copie, a déjà attiré plus de 50 000 particuliers en quelques jours. Il n’y a pas de raison que la Bretagne fasse moins bien. Cette initiative, parmi d’autres, est la preuve de ce que le digital peut apporter au commerce local. Les outils se mettent au niveau des habitudes d’un monde connecté qui ne fera pas marche arrière. Bientôt tout le monde commandera en ligne, même son gigot.

Notre avis, c’est que le Covid 19 va accélérer la transition digitale chez les plus petits. Il va les forcer à changer en trouvant des solutions surement collectives. L’avenir, c’est internet en circuit-court.  Cela soulèvera des questions d’organisation (livraison) mais c’est inévitable. Et il n’y a aucune raison de s’inquiéter pour eux : selon les résultats d’une enquête Danone récente, le premier critère d’achat des consommateurs en France reste la proximité, avant le bio.

On préférera toujours le boucher du coin, même sur le web.

Julien Perez
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