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En Côtes d’Armor, on fait de l’énergie avec les déchets

Un pas de plus vers le « Zéro Déchet » du côté du syndicat Kerval Centre Armor, composé des cinq intercommunalités de Dinan, Loudéac, Saint-Brieuc, Launay-Lantic et Lamballe. Le syndicat inaugure ce vendredi un centre de tri et valorisation matière & énergie flambant neuf sur le site des Châtelets, à Ploufragan. Un outil dernier cri qui compte bien s’inscrire sur le territoire et même toucher les industries, grâce à la production, à partir de déchets, de Combustible solide de récupération.

Il faut revenir un peu en arrière pour comprendre toute l’ampleur de cette nouvelle démarche de Kerval Centre Armor. En 15 ans, le syndicat avait déjà réussi l’exploit de réduire de 30% les ordures ménagères résiduelles d’un territoire qui compte près de 310 000 habitants. Ce qui avait mené, dès 2014, à une sous-exploitation des trois unités de valorisation de ces déchets, devenues surdimensionnées : le site des Châtelets menaçait de fermer ses portes. La même année, les collectivités de Kerval Centre Armor se réunissent : plutôt que fermer les portes -et licencier 12 personnes-, comment revaloriser ce site ?

Nouvelles énergies et réduction drastique de l’enfouissement

En voilà une idée qu’elle est bonne : faisons un nouvel outil qui enfoncera encore plus loin la porte du Zéro déchet. Il permettra d’extraire au maximum tout ce qui est valorisable dans les déchets destinés à l’enfouissement en les transformant en nouvelle ressource, le Combustible Solide de Récupération (CSR). Chaleur, électricité ou gaz de synthèse, voilà qui pourrait être utile aux industries du territoire, notamment dans l’agroalimentaire. Ce nouveau centre permet également de conserver les 12 salariés et de renforcer l’équipe, portée à 45 emplois directs dans les mois à venir. Et surtout, il réduit drastiquement la quantité de déchets auparavant enfouis, une bien mauvaise pratique devenue une habitude quand on ne sait pas quoi faire d’un truc. De 47 000 tonnes, on passerait à 1000 tonnes « seulement » de déchets destinés à l’enfouissement.

Il faudra jouer le jeu

Attention tout de même : pour ces nouvelles ressources utiliser, de nouveau matériel il faudra s’équiper. Pour l’instant, seul le secteur des cimenteries est apte à utiliser le CSR : il va falloir s’armer de patience, de négociations et d’accompagnement pour encourager les industries environnantes à substituer leurs énergies fossiles – tout ou une partie- par un approvisionnement local et d’origine renouvelable. Mais la graine est plantée.

Fanny Degorce
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