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Côtes-d’Armor. Championne du regroupement de communes

En réduisant leur train de vie, le gouvernement veut forcer les communes à se regrouper, voire même à fusionner entre elles. Objectif : tordre le cou à ce chiffre de 36.000 communes qui constitue l’une des aberrations de l’organisation territoriale française et l’une des causes majeures du dérapage des finances publiques. Depuis une trentaine d’années, la progression des emplois communaux est éloquente.

Dans ce contexte, faut-il s’étonner que le département des Côtes-d’Armor soit aujourd’hui considéré comme un champion du regroupement et des fusions de communes ? Des quatre départements bretons, c’est celui qui a globalement le moins de ressources fiscales, qu’il s’agisse du budget du conseil départemental ou des finances communales. Nécessité faisant loi, c’est celui qui est aujourd’hui le plus en pointe sur l’intercommunalités puisqu’il n’en compte plus aujourd’hui que huit (4 communautés d’agglomération, 4 communautés de communes) alors qu’il en totalisait encore 29 en 2016. Le regroupement s’est fait au pas de charge pour faire des économies d’échelles et bénéficier des incitations financières de l’État.

Les autres départements, sans doute parce qu’ils ont moins de contraintes financières, sont à la traîne. De 8 intercommunalités dans les Côtes-d’Armor, on passe à 12 dans le Morbihan, 18 en Ille-et-Vilaine, 21 dans le Finistère ou encore 19 dans la Loire-Atlantique, ce département n’étant pas rattaché aux statistiques bretonnes que l’Insee vient de publier. Elles révèlent notamment que les intercommunalités regroupent une moyenne de 74.000 habitants et 43 communes dans les Côtes-d’Armor contre 56.000 habitants et 21 communes en moyenne bretonne.

Mais les Côtes-d’Armor ont aussi la particularité de transgresser les frontières départementales puisque quatre communes costarmoricaines se sont rattachés à la communauté du Poher (Carhaix), une à Pontivy et trois à la Côte-d’Emeraude (Ille-et-Vilaine). En revanche, aucune commune des trois départements limitrophes n’a demandé à être rattachée à une intercommunalité costarmoricaine.

Enfin, les Côtes-d’Armor sont le département breton qui a enregistré le plus de fusions de communes : 10 exactement, là où précédemment voisinaient une trentaine de communes différentes.

Dernières en date. Beaussais-sur-Mer qui regoupe les anciennes communes de Ploubalay, Trégon et Plessis-Balisson. Bon-Repos-sur-Blavet qui a rattaché Laniscat, Perret et Saint-Gelven et la nouvelle commune de Guerlédan, née de la fusion de Mûr-de-Bretagne et Saint-Guen.

Pierre Vincent
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