Le Morbihan à l’épreuve du coronavirus

47 personnes contaminées. Dimanche soir, la comptabilité quotidienne du coronavirus donnait ce nombre pour le Morbihan, le plus touché de Bretagne alors que juste au dessus, le département des Côtes-d’Armor n’avait pas encore, par bonheur, commencé à faire tourner le compteur. En fin de week-end, le Morbihan se distinguait aussi de l’Ille et Vilaine et du Finistère où on pouvait encore compter sur ses doigts mais le décompte morbihannais était tout de même moins élevé que dans les départements français les plus touchés, comme l’Oise et le Bas-Rhin.

Alors en Bretagne, les yeux sont forcément braqués vers la zone de contamination groupant une demi-douzaine de communes du Morbihan parmi lesquelles Carnac et Auray. Elles font office de laboratoire et de vitrine des mesures à prendre mais sont aussi révélatrices des dégâts économiques immédiatement provoqués par le virus.

Et ici, c’est l’hôtellerie et la restauration qui prennent la propagation de plein fouet. Par contagion médiatique, elle touche l’ensemble du département où des séminaires, repas de famille ou d’entreprises ont été rapidement annulés dans un réflexe assez compréhensible. Il est vrai que les pouvoirs publics ont suscité cette méfiance légitime en faisant, par exemple, fermer les 28 discothèques (un lieu idéal pour toutes les propagations) et de nombreuses écoles.

La pratique religieuse face au coronavirus

Les annulations de chambres d’hôtels ou de gîtes viennent également rappeler que le Morbihan est le département breton entrant le premier dans la saison touristique par la grâce d’une météo plus clémente et de son golfe au fort pouvoir d’attraction quand on commence à sortir de l’hiver. Les professionnels des autres départements vont donc suivre avec attention l’évolution de la situation et les mesures prises.

Mais le Morbihan est aussi le département breton où la pratique religieuse est restée la plus suivie. Ce premier week-end de coronavirus constituait là aussi un test puisque les rassemblement cultuels peuvent devenir des foyers de propagation rapide comme l’a hélas montré le rassemblement évangélique de Mulhouse, cause de la plus grande propagation hexagonale. Les fidèles venaient de toute la France et même l’Outre-mer.

Les messes ont donc très logiquement été interdites dans les foyers identifiés (Crac’h, Brec’h, Auray, Carnac, Saint-Pierre-Quiberon) et dans toutes les communes voisines, des mesures de restrictions ont également été prises. Limitation du nombre d’entrées dans les églises, respects d’une distance entre les fidèles ou encore suppression de la communion ou du geste de la paix qui consiste à se serrer la main. Le comportement le plus déconseillé par les temps qui courent !

René Perez
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