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Conjoints d’agriculteurs : est-on obligé de faire le même métier ?

La réponse est bien sûr NON, à l’image d’Anne-Marie, qui exerce la profession de chauffeur de taxi à Crozon. Elle est mariée à Hervé, à la tête d’une exploitation laitière : différents rythmes, différents métiers, mais… l’amour est aussi un peu dans le pré.

Comment un chauffeur de taxi et un exploitant agricole se rencontrent ?

J’ai rencontré Hervé alors qu’il était hospitalisé après un accident de voiture : j’étais moi-même ambulancière à Pont-Croix Ambulances et un de mes patients me l’a présenté lors d’une de ses séances de rééducation. Quelques mois plus tard, un poste se libérait à Crozon, cela a précipité notre vie de couple. C’était en 2006 et ça faisait rire nos amis car la première saison de l’émission « L’amour est dans le pré » venait de commencer ! Notre fils Matthieu est né en janvier 2008 : nous nous sommes mariés en juillet 2010, avec un cortège de tracteurs décorés.

Vous habitez dans la ferme d’Hervé…

Au début, nous y habitions avec sa maman. Je ne connaissais rien au monde agricole ! Mais Hervé est bon pédagogue et a su m’apprendre la vie de la ferme, des animaux : pourquoi enlever le veau à sa mère, ce qui pouvait me paraître à l’époque choquant… Souvent, les réseaux sociaux et l’opinion traitent mal des agriculteurs. Il faut comprendre ce monde qui est particulier, mais aussi très solidaire. C’est un cheminement. Lorsque Hervé était encore handicapé des suites de son accident, je l’aidais quelques fois à la ferme pour les vêlages et les tâches lourdes… Mais aujourd’hui, tout en ayant un travail à plein-temps, j’aide ponctuellement Hervé à la ferme lorsqu’il en a besoin. Évidemment, si je n’avais pas mon emploi, je donnerais un coup de main au quotidien !

Arrivez-vous à concilier vos différents rythmes de travail ?

C’est sûr qu’il n’y a pas de grasses matinées à deux les week-ends, et qu’il est compliqué de sortir avec nos amis, ou même pour les fêtes de fin d’année. Mais on s’organise ! C’est un choix et je m’y suis habituée. Mon métier a aussi des avantages et des inconvénients : si mon emploi du temps est assez souple, on sait à quelle heure on commence mais jamais à quelle heure on finit ! On s’adapte selon l’emploi du temps de l’autre.

Et les vacances ?

C’est plus compliqué, mais on essaye régulièrement de partir ensemble. J’ai 5 semaines de congés par an, contrairement à Hervé qui doit être sur le terrain tous les jours de l’année. La première fois que nous sommes partis, c’était au Maroc, un voyage gagné dans une grande surface ! Hervé avait confié sa ferme pendant une semaine à un technicien d’élevage, et avait découvert les joies de décompresser pour la première fois… Tant et si bien qu’il a pris la résolution d’en reprendre quand les finances le permettent. C’est toutefois plus dur cette année.

Fanny Degorce
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