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Concours de galoche entre Brest et Quimper

La ligne ferroviaire Brest-Quimper va ouvrir après un an de travaux qui auront nécessité une interruption complète du trafic. Les trains iront plus vite, même si la géographie de la rade et l’embouchure de l’Elorn obligent à faire un détour par Landerneau, ce qui n’est pas exactement la ligne droite entre Brest et Quimper. Et vice-versa.

Pour marquer la réouverture de la ligne, après un chantier qui aura tout de même coûté 100 millions de travaux (mais amortissables sur au moins un siècle !), la Région Bretagne vient de faire éditer une affiche qui ne passe pas inaperçue. Plus fougueuse que le célèbre Baiser de l’hôtel de ville de Doisneau, cette étreinte entend symboliser Brest et Quimper, l’une avec un marin et son pompon, l’autre avec une brune incendiaire portant distinctement une coiffe bigoudène.

L’agence nantaise qui a fait ce choix de communication ne sait peut-être pas que Quimper est en pays Glazick et que les Bigoudens sont un peu plus au sud, dans un territoire si singulier que les anthropologues se penchent depuis un moment déjà sur les particularités de la population locale. Pas sûr que les Bigoudens apprécient qu’on les confonde ainsi avec les Quimpérois, comme si on mettait un pompon de marin sur la tête d’un Morlaisien pour symboliser cette ville.

Mais l’agence nantaise n’a pas tout à fait tort. Car l’une des spécialités de Pont-L’Abbé et ses environs, c’est la galoche bigoudène. Et question galoche, c’est vrai qu’elle y met du coeur, la belle Bigoudène aux longs cheveux, au risque d’étouffer le pauvre marin comme un officier de quart avalant son pompon en voyant se profiler l’iceberg fatal.

Quimper tournée vers Lorient

Mais au délà de ce baiser de carte postale, Quimper et Brest se roulent-elles souvent des galoches ? Pas vraiment, mon capitaine ! Depuis des décennies, elles ont plutôt tendance à se regarder en chiens de faïence (de chez Henriot bien sûr), l’une étant symbolique de la Bretagne bretonnante avec son célèbre festival, l’autre plutôt enclave française avec la Marine nationale, longtemps omnipotente sur le destin de Brest.

Il en est résulté une forme de défiance réciproque et tenace que même les apparentements politiques n’ont pas gommé. On ne peut pas dire, par exemple, que Bernard Poignant quand il était maire de Quimper, ait eu de profondes velleïtés à aller embrasser François Cuillandre, même seulement à la russe. Ils étaient pourtant tous deux au parti socialiste mais restèrent toujours très distants, au grand dam du Finistère qui aurait pourtant bien besoin d’une entente porteuse entre ses deux principales villes. Avec Ludovic Jolivet, devenu maire LR de Quimper, le tropisme ne semble pas plus fougueux puisque, lui, fait le pari que l’avenir de la Cornouaille se dessine plutôt sous forme d’entente avec Lorient.

Alors pour le concours de galoches entre Brest et Quimper, faudra repasser. Même avec une nouvelle locomotive pour essayer de relancer le convoi.

René Perez
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