Linky

Compteurs Linky. La Bretagne à la pointe de la contestation

L’installation des nouveaux compteurs électriques Linky rencontre, en Bretagne, une opposition plus manifeste qu’ailleurs en France. Dans la presqu’île de Crozon, il y a même un peu d’électricité dans l’air.

Depuis l’épisode homérique du projet de centrale nucléaire à Plogoff, il y a plus de trente ans, la Bretagne est une région électro-sensible. Elle a l’épiderme chatouilleux et les poils qui se hérissent, façon électricité statique, dès qu’il est question de l’électrique. On le voit encore actuellement avec les fortes contestations autour du projet de centrale électrique au gaz de Landivisiau (29) même si le dossier n’est aucunement à l’échelle de celui de Plogoff.

Cette électro-sensibilité tient aussi à une autre caractéristique de la Bretagne : c’est la région française la plus écolo, selon le classement récemment établi par le magazine La Vie. Cette sensibilité aux thèses écologiques explique probablement la raison pour laquelle la région est la plus en pointe dans la contestation des nouveaux compteurs électriques Linky. Avec même quelques foyers de tension comme la presqu’île de Crozon où une réunion organisée par Stop Linky a récemment rassemblé 400 personnes à Camaret ! La proximité de la base des sous-marins nucléaires de l’Ile-Longue accentuerait-t-elle les réflexes de méfiance ?

« Des ondes électromagnétiques »

Alors cette méfiance d’où vient-elle ? D’abord du compteur lui-même, accusé par les opposants d’émettre des ondes électromagnétiques au moment où ce boîtier envoie les informations quotidiennes à ERDF sur la consommation électrique du jour. Car c’est l’une de ses particularités : ce compteur donne des indications presque en temps réel qui, selon l’opérateur, peuvent être utiles aux foyers desservis pour adapter leurs habitudes en fonction de la consommation qu’elle génère. « Intrusion dans la vie privée », rétorquent les détracteurs qui imaginent toutes les données personnelles sur les modes de consommation qui pourraient ainsi être captées et exploitées. En s’appuyant par ailleurs sur une enquête du magazine que Choisir, ils affirment que de nombreux foyers devront prendre un abonnement plus cher en raison d’une légère surcharge de puissance liée à l’installation de ce compteur. Elle ferait disjoncter les compteurs quand la puissance appelée dépasse celle de l’abonnement.

ERDF : « Confidentialité des données ».

ERDF répond que ce « compteur intelligent » n’émet pas des ondes électromagnétiques mais simplement électriques (pendant une minute la nuit) et plus faibles que celles de la plupart des appareils électriques du foyer, qu’il permet une facturation réelle et non estimée et un lissage de la distribution électrique pendant les fortes pointes. La société indique également que cette installation est gratuite (mais son coût sera répercuté sur le montant global des dépenses annuelles de l’entreprise) et que ce type de compteurs réduit le temps d’intervention en cas de panne. Elle assure d’autre part qu’un système de cryptage garantit la confidentialité des données et préserve la vie privée des foyers équipés.

Des arguments qui ne suffisent pas à convaincre tout le monde au point que le mouvement de contestation s’est amplifié ces dernières semaines, avec la Bretagne pour fer de lance. A chacun de choisir car ce compteur n’est pas obligatoire. Si vous le souhaitez, vous pouvez faire part de votre refus à ERDF à réception du courrier annonçant le changement de compteur.

Julien Perez
Laisser un commentaire

Votre adresse email sera publiée. Les champs obligatoire sont marqués par un *

viderValider