Commerce en ligne. La Bretagne est une île

C’est l’un des sujets d’actualité en Bretagne : le petit commerce des îles est secoué par la vague des commandes arrivant directement par bateau pour les particuliers. En raison du niveau des prix insulaires, forcément plus élevés que sur le continent, des îliens ont pris l’habitude de commander directement leurs achats alimentaires à des grandes surfaces du continent et de récupérer leurs colis à l’arrivée des bateaux.

Ces nouveaux comportements inquiètent légitimement les commerçants installés sur les îles mais aussi les élus qui craignent de voir disparaître des enseignes de leur territoires-confettis, si utiles aux insulaires comme aux touristes quand ils débarquent en nombre l’été.

Si on extrapole, la Bretagne n’est-elle pas, elle aussi, en passe de devenir une île face à l’inexorable montée en puissance du commerce en ligne ? Régulièrement placés sur le podium des plus connectés sur le web, les Bretons se sont mis eux aussi à l’e-commerce et comme les insulaires attendant le bateau, eux attendent qu’arrivent leurs colis. Avec des conséquences lourdes sur certains centres-villes où les commerces ferment les uns après les autres. Un petit tour à Douarnenez ou Saint-Brieuc, particulièrement touchées par le phénomène, suffit pour voir se succéder des panneaux annonçant « Fermeture définitive », «  A vendre » ou « A céder ».

Et contrairement à certaines autres régions à la géographie plus avantageuse, la Bretagne n’a pratiquement pas de retombées à attendre de la montée du commerce en ligne. Sa situation sur la carte de France la met trop à l’écart pour accueillir les mastodontes de ce secteur commercial, avec leurs entrepôts et les nombreux emplois qu’ils génèrent. Quant à la fiscalité des communes bretonnes, elle souffre bien sûr de la déshérence de leur commerce local qui constitue une de leurs ressources financières. Moins de recettes, c’est plus d’impôts pour les contribuables, ce qui pose aussi l’une des problématiques du commerce en ligne.

Comme les îles, la Bretagne souffre du syndrome de l’ insularité quand on évoque le sujet. A moyen terme, les conséquences sont lourdes pour les centres villes. Et pour les finances locales, la solution ne viendra que de la mise au point de la taxe à l’achat. Avec la géolocalisation, elle pourra être prélevée au moment de l’achat en ligne et en partie reversée aux collectivité locales concernées. Mais là, on est encore dans le virtuel…

René Perez
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