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Jean-Pierre Denis (CMB Arkea) « Nos résultats 2017 vont atteindre un niveau record »

Les mois qui viennent vont être décisif pour l’avenir du groupe CMB-Arkea. Dans une interview à Bretagne-Bretons, le président du groupe revient sur le projet de séparation, sur la consultations prochaine des caisses locales, sur les avantages qu’il voit dans une indépendance prochaine. Et il évoque la solidité financière du groupe en affirmant que les résultats 2017 qui vont être bientôt présentés, se situent à des niveaux record.

Le CM11-CIC et le Crédit Mutuel Arkéa, les deux principaux groupes de Crédit Mutuel, sont en conflit depuis de nombreuses années. Le divorce semble aujourd’hui inéluctable…

Il ne s’agit pas de divorcer, mais de prendre acte d’une situation objective. CM11-CIC et le groupe Arkéa se développent de façon totalement autonome depuis des décennies, et sont en situation de concurrence directe sur l’ensemble de leurs métiers. Et face à la centralisation engagée par la Confédération nationale du Crédit Mutuel, qui est, rappelons-le, dans les mains de CM11-CIC, le groupe Arkéa a fait le choix de consulter l’ensemble de ses caisses locales en leur soumettant deux options : un scénario d’indépendance avec sortie de la CNCM et un scénario d’intégration dans un grand ensemble bancaire centralisé. Je note que l’alternative a d’ailleurs été ainsi posée par le président de la CNCM, lui-même, à plusieurs reprises. Nous allons donc lui répondre.

Comment va se dérouler le processus de consultation des caisses locales ?

Nos 331 caisses locales seront conduites à se déterminer, chacune pour ce qui la concerne. On ne peut imaginer un mode de consultation plus simple et plus démocratique dans un groupe coopératif et mutualiste comme le nôtre. Le groupe Arkéa est la propriété de nos caisses locales et ce sont elles qui ont le pouvoir de décider de son avenir, étant naturellement précisé que si le scénario d’indépendance était privilégié, il sera engagé dans les conditions définies, comme il se doit, par les autorités bancaires françaises et européennes.

Quels seraient les avantages de l’indépendance ? Et que deviendra le principe de « territorialité » qui prévaut jusqu’à présent au Crédit Mutuel ?

L’indépendance, c’est la solution qui permet au groupe Arkéa de rester ce qu’il est, c’est-à-dire une véritable banque territoriale. N’oublions pas que nous incarnons d’une certaine façon « le modèle économique breton » qui repose sur deux principes : « on décide et on produit sur place » ; « on exporte et on valorise nos savoir-faire bien au-delà des frontières régionales ». La centralisation du Crédit Mutuel conduirait, à l’inverse, à remettre en cause tôt ou tard, nos centres de décision, les moyens et les équipes que nous mobilisons pour notre développement : nos services centraux, nos réseaux d’agence et nos filiales. Faut-il ajouter que le groupe Arkéa ne cherche pas à vivre à l’abri de frontières territoriales qui appartiennent à une autre époque : il a tout à gagner à voir sa liberté d’entreprendre reconnue et préservée. Ces dernières années ont illustré de façon éclatante sa grande capacité d’innovation et de conquête.

Votre groupe est-il assez solide pour faire route seul dans un monde bancaire très concurrentiel ?

La question de la solidité du groupe Arkéa est un débat totalement artificiel, pour ne pas dire un non-sujet. Nous figurons au rang des banques européennes les plus capitalisées, avec un niveau de solvabilité qui n’a pas d’équivalent en France. Notre trajectoire, extrêmement probante et bien orientée, est là pour démontrer la solidité de notre modèle économique et nos résultats 2017, sur lesquels nous communiquerons dans les toutes prochaines semaines, atteindront des niveaux records. La force du groupe Arkéa, c’est précisément d’associer agilité, proximité et capacité d’innovation, dans un environnement bancaire en pleine transformation qui offre beaucoup d’opportunités et « redistribue les cartes » entre les différents acteurs du marché. Nous avons de formidables atouts entre les mains et nous entendons bien les valoriser.

Certains s’inquiètent pour l’emploi, qu’en est-il ?

Les chiffres sont là pour rassurer ceux qui pourraient s’interroger : nos effectifs ont progressé de 25% depuis 2008 et nous avons réalisé plus de 600 recrutements l’an dernier. Je rappelle aussi que pour deux emplois au sein du groupe Arkéa, l’on compte un emploi induit chez nos fournisseurs et prestataires. C’est dire l’effet d’entrainement que représente notre groupe pour son environnement. La vérité, c’est que ce n’est pas le scénario de l’indépendance qui ferait courir un risque pour l’emploi. C’est le scénario d’intégration dans un groupe bancaire centralisé, géré sur une base nationale à partir de Paris. La Bretagne et les Bretons savent d’expérience ce que sont les conséquences en cascade de la mise en cause des centres de décision ici, en région. C’est tout l’enjeu du débat actuel autour de l’avenir du groupe Arkéa qui est indissociable de l’avenir de l’économie bretonne.

 

Propos recueillis par Julien Perez

Bretagne Bretons
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