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CMB Arkea. Le soutien des administrateurs locaux

Unanimité ou presque. Selon la direction du CMB Arkea, c’est à plus de 98% que les présidents des 226 caisses locales de Bretagne ont voté, lors d’une assemblée générale mercredi à Saint-Brieuc, en faveur de la résolution présentée par les dirigeants de la banque, au premier rang desquels le P-DG Jean-Pierre Denis. Ces bénévoles qui constituent le socle local de la banque mutualiste ont approuvé une déclaration prenant acte de l’existence au sein du Crédit mutuel « de groupes autonomes et concurrents » et demandant que « chacun des groupes de Crédit mutuel dispose de son propre organe central ». Autrement dit, la base suit la route tracée par Jean-Pierre Denis visant à la scission et la constitution de deux groupes distincts au sein du Crédit mutuel. Pendant trois jours, l’ensemble des administrateurs des caisses locales va être également consulté mais le vote des présidents ne laisse que peu de place au suspens.

Menaces de sanctions

Ce vote de soutien presque sans réserve intervient après une semaine agitée, entamée avec l’annonce par la Confédération nationale de Crédit mutuel de son intention d’ouvrir une procédure de sanction à l’égard du groupe Arkea. Une escalade dans le conflit qui oppose ces deux parties.

Cela n’a pas entravé pour autant la volonté de Jean-Pierre Denis de lancer la procédure de consultation de la base élective du groupe de l’Ouest et du Sud-Ouest de la France (Bretagne, Aquitaine, Massif central). Ce qui, en retour, a entrainé une prise de position commune mais peu habituelle du Gouverneur de la Banque de France et de la directrice générale du Trésor. Tous deux interpellent les dirigeants du CMB Arkea pour leur rappeler que ces votes locaux n’ont aucune valeur juridique et que le Crédit mutuel, créé par la loi, ne peut être modifié que par la loi. Ils les mettent également en garde contre les conséquences d’une séparation, notamment sur l’utilisation de la marque Crédit mutuel.

De leur côté, les syndicats CGT, CFDT et SNB ont eux aussi mis en garde les administrateurs des caisses locales. Car s’ils approuvent la démarche d’autonomie, ils souhaitent qu’elle se fasse sous le sceau de la concertation et non dans la confrontation brutale qui se profile. Elle pourrait, selon eux, entraîner de lourdes conséquences avec risque de perte d’usage de la marque, difficulté accrue pour se financer sur les marchés financiers et concurrence exacerbée entre fédérations.

D’autres administrateurs de caisses, sous couvert d’anonymat, ont exprimé une position similaire en appelant leurs homologues « à refuser les pleins pouvoirs à Jean-Pierre Denis » car son projet aboutirait, selon eux, « à l’isolement et l’insécurité juridique pour le groupe »

Pierre Vincent
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