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CMB-Arkéa (suite). Cuillandre et Bellion saisissent Michel Sapin

Le conflit ouvert entre le Crédit mutuel et de l’Est et le CMB Arkéa mobilise les forces vives de Brest qui s’inquiètent de voir le fleuron bancaire de la Bretagne perdre de son indépendance et son autonomie. François Cuillandre, président de Brest-Métropole et Franck Bellion, président de la Chambre de commerce de Brest ont décidé, dans une démarche commune, d’en appeler à Michel Sapin, ministre de l’Economie et ministre de tutelle du monde bancaire.

Tous deux n’hésitent pas à parler d’opération « brutale et et hostile » qui pourrait avoir des conséquences redoutables « pour un centre de décision important pour notre territoire ». Quand on sait que le CMB-Arkea pèse près de 3.000 emplois dans l’agglomération brestoise, on comprend l’inquiétude du monde politique et des sphères économiques devant ce scénario de guerre ouverte.

Des raisons de se méfier

La controverse déjà ouverte entre les deux mastodontes du Crédit mutuel français (l’un dirigeant toute la grande façade Est de la France, l’autre la majeure partie de la façade Ouest sous le flambeau Arkea) est passée au stade ouvertement conflictuel avec le vote interne, initié par le CM Est, faisant basculer la Fédération nationale de Crédit Mutuel du statut associatif à celui d’une coopérative. Ce qui signifie une plus grande intégration de chaque membre dans le groupe. Or la Fédération est actuellement dirigée d’une main de fer par Michel Lucas (Est) qui dans quelques initiatives passées, a montré qu’il ne prenait pas de gants pour bousculer les Bretons, y compris en supprimant la vice-présidence qui leur était traditionnellement réservée. Quand on sait que le CIC, concurrent direct du CMB est également sous la coupe du CM Est, inutile de dire que le groupe breton a quelques raisons de se méfier d’un système coopératif qui mettrait une tutelle sur chaque membre du groupe et l’intégralité des situations financières des uns et des autres à la disposition des dirigeants nationaux. Une aubaine pour la concurrence.

En saisissant Michel Sapin, François Cuillandre et Franck Bellion lui demandent de ne pas entériner ce transfert en coopérative avant que la Justice ne statue sur les requètes du CMB Arkea, contestant cette modification pour « conflit d’intérêt et manquements aux règles de la concurrence ». Si la Justice rejette ces requêtes, on sera probablement plus proche de la scission que d’une impossible réconciliation.

René Perez
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