CMB-Arkea. Le torchon brûle entre Denis et Sapin

Il est rare qu’un ministre des Finances émette publiquement des doutes sur la solidité d’un groupe bancaire français. Il est tout aussi rare que le Pdg du groupe visé fasse une réponse cinglante au ministre, n’hésitant pas à user des mots comme « arrangements », en se réservant la possibilité d’engager la responsabilité de l’Etat.

C’est peu de dire que les relations se sont brutalement tendues, ces derniers jours, entre Michel Sapin et Jean-Pierre Denis, patron de la banque de l’Ouest, malgré un tête à tête récent. En déclarant sur France-Inter que « tout seul, le CMB Arkea serait en risque », le ministre a allumé une mèche qui traduit au minimum une méconnaissance des chiffres, au pire une véritable provocation et un parti pris peu en phase avec sa fonction. Car au cas où il l’ignorerait, le CMB Arkea se situe actuellement, par sa taille de bilan, dans le premier tiers des groupes bancaires européens faisant l’objet d’une supervision directe par la BCE, comme le lui rappelle le Pdg du CMB-Arkea. Autrement dit, deux tiers des banques européennes actuelles seraient en risque, selon les critères d’appréciation de Michel Sapin, s’il considère que la banque bretonne est dans une telle situation.

« De telles déclarations, manifestement inexactes, seraient de nature à porter atteinte à notre crédit auprès des investisseurs et des déposants et sont susceptibles d’engager la responsabilité de l’Etat à notre égard », lui écrit Jean-Pierre Denis. Car si un ministre se met maintenant à porter un jugement négatif sur une banque à la solidité éprouvée, on peut aisément imaginer les conséquences qu’elles pourraient générer dans un secteur d’activité où la confiance est généralement le premier critère d’appréciation.

Jean-Pierre Denis met d’autant plus les pieds dans le plat qu’il lui paraît que le ministre semble d’un évident parti pris en faveur du Crédit mutuel-CIC (adossé à un puissant groupe de presse de l’est et du sud de la France, rappelons-le), comme en témoigne sa récente décision d’entériner de nouvelles modifications de statuts, intervenues fin mars au sein de la Confédération de Crédit mutuel. Quatre jours après, Michel Sapin les a officiellement approuvées, en contradiction avec la récente décision du Tribunal de grande instance de Paris qui a formellement jugé qu’au sein d’une telle instance associative, les changements de statuts ne peuvent intervenir qu’après un vote à l’unanimité.

En émettant des doutes sur la solidité financière du CMB Arkea et en ignorant ostensiblement une décision de justice, le ministre des Finances s’est manifestement exonéré de ce que, dans le secteur bancaire, on appelle les règles prudentielles.

René Perez
1 Commentaire
  1. Gèlebart

    Mr Sapin pense que le Cmb est géré comme il gère la France non ce n est pas le cas :les clients ne sont pas dans la rue
    chaque caisse est gérée par des administrateurs indépendants qui défendent d ´abord les clients sociétaires et ce comme de petites entreprises qui rendent des comptes
    Cmb est une entreprise bancaire très sûre qui ne bidouille pas si vous voyez ce que je veux dire
    Son président et son DG depuis 2008 ont développé une ligne stratégique qui permet un développement régulier ce que l’on définit par les termes :en bon Pere de famille
    Et si Mr Sapin voulait nuire à Le Drian en détruisant cet outil et en produisant du chômage en Bretagne
    Je précise je suis comme beaucoup j ai souffert de certains directeurs d agence de diverses banques durant mes 40 ans de gestion d entreprises mais j essaie de rester objectif sur ce cas particulier
    vive la Bretagne et ses entreprises et leurs salariés source de richesse pour notre belle région

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