CMB Arkéa. Des ambitions de leader européen

Le langage peut paraître présomptueux et l’ambition démesurée. Et pourtant, le groupe CMB Arkéa, par la voix de son directeur général Ronan Le Moal, vient d’annoncer son ambition de devenir l’un des leaders européens de la banque en ligne. Une déclaration qui fait suite au rachat, par la banque bretonne, de Keytrade Bank, leader belge de la banque en ligne avec des prolongements en France, Suisse et Luxembourg. Au total 600.000 clients et une position stratégique au cœur de l’Europe.

Si le CMB Arkéa se positionne ainsi, c’est parce qu’il est doublement au cœur de son métier. La banque, bien sûr, mais aussi les technologies modernes qui sont de longue date dans la génétique de la banque bretonne et dans sa stratégie de développement, lancée à une époque où elle ne s’appelait pas encore Arkéa mais seulement Crédit mutuel de Bretagne. Précurseur de la banque à domicile ou à distance, la CMB a ouvert l’accès à de véritables opérations bancaires sur minitel (1982) avec Domibanque puis sur internet (1995) avec Domiweb, toutes deux présentées à l’époque comme des premières mondiales. C’est en s’appropriant rapidement la technologie internet que le CMB a transgressé les frontières physiques fixées par les statuts du Crédit mutuel pour se lancer dans une expansion spectaculaire avec la naissance de pépites du groupe comme Fédéral Finances (gestion d’actifs) Suravenir (assurances-vie) Financo (Crédit lieu de vente) ou Fortuneo (banque en ligne). Et en corollaire, un fort développement de sa présence dans l’agglomération brestoise où la banque compte aujourd’hui 3.000 salariés.

Cette maîtrise de la technologie web a eu son pendant, de l’autre côté de la France, avec le développement tout aussi impressionnant du Crédit mutuel CIC, autre mastodonte de la fédération. Les deux entités ont ferraillé cet hiver, sous la houlette de Jean-Pierre Denis en Bretagne et de Michel Lucas en Alsace, retraité depuis peu. Si ce dernier avait la réputation d’être d’un banquier à la poigne de fer, sait-on qu’il est entré dans la banque de l’est comme ingénieur informaticien ? C’est en s’appuyant sur sa maîtrise des nouvelles technologies qu’il a forgé l’ascension de sa banque comme ce fut le cas à l’Ouest pour le CMB qui se fixe aujourd’hui un périmètre européen.

Il est donc loin le temps de la petite banque bretonne enfermée dans son pré carré. Elle a su rapidement surfer sur la vague web pour transgresser ses frontières et elle ne fut pas la seule à la pointe bretonne. Le journal Le Télégramme, lui aussi, fut l’un des premiers de France à comprendre et intégrer toutes les potentialités nouvelles. En lançant, en 2000, le site national Régionsjob, il a fait sauter ses frontières naturelles et réalisé un coup de maître en propulsant ce site en tête du marché de l’emploi en France.

René Perez
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