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Clap de fin pour Combiwest

La société bretonne Combiwest (59 salariés) a été mise en liquidation, vendredi. C’était le scénario prévisible après toutes les difficultés traversées par cette société de transports route-rail, créée par la SICA de Saint-Pol de Léon qui voulait rééditer avec la ferroviaire ce qu’elle a réussi sur mer en lançant la Brittany Ferries, il y a plus de cinquante ans. Avec un même objectif prioritaire : exporter ses légumes. Aujourd’hui la Brittany Ferries a largement dépassé ce cadre initial (voyageurs, fret) et permis ainsi, avec ses liaisons maritimes, de contribuer au désenclavement de Saint-Malo et Roscoff.

Exporter ces légumes donc, c’est ce que la SICA ambitionnait de faire avec le ferroutage, en faisant circuler ses marchandises par camions d’abord puis des wagons, avec une liaison ferroviaire Bretagne-Pays-de-la-Loire-Rhône-Alpes-Paca qu’elle assurait elle-même. Mais sur mer, il est bien plus facile d’atteindre ses objectifs que sur le plancher des vaches qui regardent passer les trains. L’absolu monopole ferroviaire, longtemps exercé par la SNCF, a donné de telles habitudes que la concurrence ne peut s’exercer sur le réseau ferroviaire selon les règles du genre.

Combiwest, par la voix notamment de son président Jean-François Jacob, a plusieurs fois dénoncé les manœuvres anticoncurrentielles venant de la SNCF dont le transport de fret en Bretagne n’est pourtant pas un modèle du genre.

C’est ce qui a poussé Combiwest à prendre elle-même les choses en main en ouvrant, il y a cinq ans, cette liaison répondant aux soucis du Grenelle de l’Environnement et de la COP 21 de privilégier le rail sur la route. 30.000 camions de moins sur l’asphalte, en 2015. Pas assez cependant pour surmonter toutes les difficultés rencontrées dans cette activité qui n’a bénéficié d’aucun soutien politique de poids car il est rare que les élus s’attaquent de front à des sociétés d’émanation publique dont ils ont eux mêmes contribué à asseoir la domination sans partage. Il y a parfois un grand écart entre le discours et l’économie réelle.

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