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Clap de fin pour le fondateur des crêpes Whaou!

Le créateur de la crêpe la plus célèbre de la GMS passe en mode spectateur. Christian Faure, « arrivé au bout d’un rêve », a fait le tour. Il va désormais observer de loin le développement de son produit. Lui, qui aura longuement marché à tâtons et largement cogité le produit avant que Whaou! n’embrasse toutes les bouches, se retire 31 ans tout rond après son lancement et une production qui aura largement dépassé ses espérances : il n’aurait jamais imaginé produire 2 millions de crêpes par jour!

Sept crêpes Whaou! sont englouties à la seconde. Un score sur lequel le fondateur, Christian Faure, peut partir la tête haute et sans regret aucun, laissant ainsi sa place de directeur général à Emmanuel Guerreiro, ex-directeur d’usine Petit Navire. Il a déjà annoncé qu’il allait monter une nouvelle entreprise. On n’en sait pas davantage à ce jour.

De la crêperie à l’industrie

Sorti de la prestigieuse école hôtelière de Grenoble à 20 ans, Christian Faure exécute son service militaire, navigue dans le rôle de stewart, avant d’ouvrir sa petite crêperie dégustation dans le village de Lannilis en 1976. La petite affaire manque de rythme et de constance : le syndrome hivernal des volets clos lui fait quelque peu perdre patience.

Trois ans après sa première affaire, le jeune homme rejoue les mêmes cartes à Saint-Brieuc. Ça dure le temps que ça dure, puisque dès 1981, il prend un virage plus serré et se lance dans la production de crêpes semi-industrielle. De deux personnes à l’ouverture, les Crêpes de Landerneau en emploieront 15 en 1988. Ça progresse sûrement et lentement mais ce n’est pas encore le Pérou.

A l’époque flotte comme un goût amer d’être « les laissés-pour-compte de la pâtisserie industrielle », juge le dirigeant. Un manque de considération qui va cependant décupler sa force de conviction à retourner son histoire de crêpe dans tous les sens de façon à renverser la tendance. Il voulait du concept. Et l’idée de calquer quoi que ce soit ne l’aurait pas boosté. Fallait qu’ça claque.

Bon, sain et pratique

Alors l’onomatopée Whaou! a fait tilt. Le mot infaillible qui allait évoquer quelque chose de surprenant, de détonant, de joyeux sortait des cartons en 1988. Un « Wow » bien frenchy que tout le monde dit quand ça dépote.

« Le logo, les couleurs, une marque qui permette de se défaire de l’appellation segmentante du produit breton, tout est passé au crible dans le plus strict cahier des charges qui n’allait pas être sans jouer sur les différents tableaux du produit lui-même : un goûter bon, sain, et pratique. » 

La recette, en effet, est au lait entier depuis toujours; œufs, farine, eau, sel, beurre. Simple et basique. Mise au point sans additifs ni conservateurs, ce sont autant de bons points qui se sont greffés à un plan marketing empaqueté comme la surprise du chef et tombé à point nommé! La tendance au nomadisme et au snacking, de fait, avait à peine dardé lorsque Christian Faure est venu mettre ses sachets de crêpes Whaou ! sur le marché. Des crêpes fourrées, pliées dans la longueur et emballées à l’unité, qui allaient révolutionner les virées familiales.

Un groupe pour aller plus haut

Relancé à plusieurs reprises par Bruno Caron, Christian Faure cède à la tentation et rentre dans le groupe Norac en 1993 pour mieux faire décoller ses crêpes.  Passé au statut directeur général, il a gardé la main sur les process de fabrication et de vente, l’avantage du groupe étant de pouvoir donner une  impulsion en termes d’investissements qu’il n’aurait jamais pu s’offrir seul.

« Ça m’importe guère de marcher seul et d’avoir toutes les parts du gâteau. L’important, c’est de réussir. »  D’une seule ligne de production à ses débuts, Whaou! en est aujourd’hui à 33 lignes, quelque 160 salariés en CDI, plus une cinquantaine d’autres en intérim en période de pointe, soit un mois avant le Chandeleur, en juin, et en septembre.

Whaou!, c’est un volume de 15 000 tonnes de crêpes l’an dernier, dont une large part chocolat qui trahit notre obsession : 90% du fourrage est au chocolat. Norac, qui a racheté Le Ster et Faure (Whaou!) en 1993 pour monter une filière pâtisserie, a créé la filiale Goûters magiques en 2008. Une filiale qui compte les sociétés Le Ster, Gaillard Pâtissier, Faure, Armor Délices et Lili’s Brownies. Fort de cinq entités reconnues, le groupe a pu mieux s’imposer et se hisser parmi les plus gros faiseurs de la pâtisserie industrielle française, du haut de 180 millions d’euros de chiffre d’affaires global.

Manon Motir
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